Actualité
UNGA 80 – Ce qu’il faut savoir de la 80 eme Assemblée de l’ONU
Commençons par une petite contextualisation : la 80ᵉ session de l’Assemblée générale des Nations unies (UNGA80) s’est tenue durant la période haute-niveau du 23 au 29 septembre 2025. Les dirigeants africains y ont pris la parole en rangs serrés – à la fois dans les débats généraux mais aussi à travers des panels et rencontres organisées par lUnion africaine et certaines structures à dimension régionale.
Une chose na pas échappé aux observateurs et analystes : les chefs d’Etats et de gouvernement africains qui ont participé à la 80 ème session de lAssemblée générale ont été sans complexe.
Leurs interventions sont empreintes à la fois d’audace et de pragmatisme.
Bassirou Diomaye Faye, Cyril Ramaphosa, Lamine Zeine Ali Mahamane, Abdoulaye Maiga ou Rimtalba Jean-Emmanuel Ouedraogo ont livré chacun un plaidoyer vibrant sur des questions et problématiques spécifiques au continent mais aussi pour un monde plus juste et solidaire, dénonçant au passage les inégalités économiques mondiales.
Plusieurs points communs dans les discours
Les interventions africaines ont convergé sur plusieurs demandes claires et récurrentes :
Il y a en premier lieu la question de la justice climatique et du financement de ladaptation. Il sagit surtout, à lanalyse des propos tenus à la tribune, du financement stable, de laccès aux fonds « perte et dommage ».Une question cruciale ponctuée par lappel à transformer laide en investissement (du genre « investissez en Afrique » plutôt que de proposer une simple assistance). Plusieurs chefs dÉtat (John Dramani MAHAMA, George BOAKAI ou Cyril RAMAPHOSA, entre autres) ont insisté sur linsuffisance des flux actuels et la nécessité dun financement prévisible pour ladaptation.
Autre sujet mis sur la table des débats par les représentants africains, cest la réforme du Conseil de sécurité. Les demandes ont été renouvelées pour une représentation permanente de lAfrique. Ces demandes (loin dêtre des doléances) sont accompagnées dun argument moral et géopolitique : lAfrique veut siéger à la table où se prennent les décisions sur la paix et la sécurité.
« Le bilan des huit décennies des Nations Unies, loin de susciter lallégresse, sapparente davantage à un fiasco embarrassant, une désillusion collective et un échec structurel ». Cest ainsi que le Chef du Gouvernement du Burkina Faso, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, a peint en noir le bilan de lONU à cette 80e Assemblée Générale.
En résumé ce qui a changé depuis le précédent sommet, cest :
- La tonalité plus affirmée et coordonnée des interventions africaines. Cela contraste avec des années où les positions étaient plus dispersées.
- le passage de lurgence humanitaire à largument dinvestissement climatique. Là où précédemment le discours africaine se focalisait majoritairement sur la vulnérabilité et laide, on observe un glissement vers la notion dinvestissement (création demplois, transition verte, industrie locale des énergies renouvelables) .En somme, une posture plus proactive et commerciale.
- Un accent particulier mis sur les réformes institutionnelles concrètes (au-delà de lémotion). Les appels à la réforme du Conseil de sécurité sont aujourdhui formulés avec des revendications techniques et diplomatiques plus précises, tant sur le calendrier, les argumentaires sur la légitimité démocratique et la représentation régionale. Toutes choses qui marquent une maturité tactique dans la diplomatie africaine aux Nations Unies.
- Une moindre exposition publique des conflits internes. Plusieurs observateurs notent que certains dirigeants africains ont minimisé lexposé public des crises domestiques dans leurs discours, concentrant les efforts sur les grandes questions internationales (climat, réforme, dette). Cette stratégie peut viser à préserver une image de stabilité et à mettre laccent sur les gains diplomatiques.
Ce que l’Afrique peut raisonnablement attendre de lONU après UNGA80
L’Afrique ne demande plus à être assistée. Elle a affirmé haut et fort son besoin de renforcement des partenariats opérationnels avec le système des NU. On peut sattendre à plus dopérations conjointes, de « capacity-building » et de financement ciblé via des instruments onusiens (PA, opérations de maintien de la paix reformées) en appui à des solutions africaines de paix et de développement, à condition que les États africains définissent des priorités claires et des cadres de redevabilité.
Les chefs dEtats et de gouvernement ont certes gagné en visibilité diplomatique mais devront faire preuve de vigilance. Le succès politique africain à lONU se mesurera autant par lhabileté à transformer la rhétorique en coalitions influentes que par la capacité à surveiller lapplication des promesses (fonds mobilisés, calendriers, conditionnalités). Les leaders auront intérêt à maintenir la coordination post-UNGA (groupes régionaux, AU, missions permanentes) pour convertir lélan politique en résultats concrets.
Pour conclure
LUNGA80 a été loccasion pour les délégations africaines dafficher un visage plus assuré du continent malgré les crises et les multiples défis, dexposer une vision plus coordonnée et tournée vers laction : elle a mis laccent sur la justice climatique, la réforme institutionnelle, et les leviers économiques plutôt que sur la seule compassion internationale. Mais la traduction des annonces en changements concrets dépendra de trois leviers indispensables : coordination africaine continue, alliances ciblées (G77+Chine, partenaires bilatéraux, G20) et capacité de suivi (suivi des promesses financières, cadres techniques pour les réformes).
Si lONU reste un forum essentiel pour la visibilité, lAfrique devra poursuivre la double stratégie : dune part, pousser pour des décisions multilatérales et dautre, construire des solutions africaines (par exemple le financement régional, lintégration économique, les initiatives dinvestissement écologique) pour ne pas dépendre uniquement des engagements externes.
Actu locale
Tonka endeuillée à nouveau : un directeur de médersa exécuté en public
La ville de Tonka est une fois de plus plongée dans la douleur. Abdoul Salam Maïga, directeur d’une médersa locale, a été froidement assassiné en pleine rue par des individus armés.
D’après plusieurs témoins, la victime se trouvait avec ses proches au marché lorsque ses bourreaux ont fait irruption. Ils l’ont contraint à les suivre, avant de revenir quelques minutes plus tard avec lui, les yeux bandés. Il a été exécuté sur place, sous les yeux de personnes présentes sur les lieux.
Ce drame vient raviver une blessure encore ouverte au sein d’une communauté déjà meurtrie par une succession de violences. En novembre dernier, Mariam Cissé avait été enlevée puis assassinée. Fin mars, Amadou Diadié Baby, dit Marco, avait à son tour été abattu devant sa boutique par des hommes armés.
Ces meurtres à répétition installent durablement un sentiment de terreur et d’insécurité dans la ville, laissant ses habitants dans une angoisse profonde face à une violence qui ne semble pas vouloir s’arrêter.
Actu locale
Commune urbaine de Tombouctou : les commerçants s’insurgent contre la décision de la mairie
La tension monte à Tombouctou après l’inauguration officielle de la nouvelle gare routière par le président de la Délégation spéciale de la Commune urbaine, ce mardi 12 mai 2026. À peine la cérémonie terminée, une vague de contestation a éclaté dans plusieurs marchés de la ville, où des commerçants dénoncent une décision municipale qu’ils jugent « inadéquate » et « sans fondements ».
Au cœur de la polémique, le mot d’ordre annoncé par les autorités communales :
« Désormais, il est formellement interdit de débarquer ou de prendre des passagers en dehors de la gare routière.»
Une mesure qui vise, selon les autorités, à mieux organiser le transport urbain et interurbain, fluidifier la circulation et renforcer le contrôle des activités liées au transport. Mais du côté des commerçants, cette décision est perçue comme une menace directe contre leurs activités économiques.
Une ville paralysée
Ce mardi matin, Tombouctou s’est réveillée dans une atmosphère inhabituelle. Plusieurs boutiques sont restées fermées dans différents marchés de la ville, donnant l’image d’une véritable « ville morte ». Des commerçants et certains acteurs économiques ont observé un mouvement de protestation pour exprimer leur désaccord face à la nouvelle réglementation.
Les marchés et les rues habituellement animées ont laissé place à un calme pesant. Des habitants affirment n’avoir jamais vu une telle paralysie depuis plusieurs mois.
Selon certains commerçants rencontrés sur place, l’obligation de centraliser toutes les opérations de débarquement et d’embarquement à la gare routière risque de réduire considérablement l’affluence dans certaines zones commerciales qui vivaient essentiellement du passage des voyageurs.
« Beaucoup de familles dépendent des activités générées autour des points d’arrêt habituels des véhicules. Cette décision va étouffer nos commerces », déplore un vendeur du grand marché.
Une décision qui divise
Si certains citoyens saluent une volonté de mettre de l’ordre dans le secteur du transport, d’autres estiment que la mairie aurait dû engager davantage de concertations avec les acteurs concernés avant l’application de cette mesure.
Des voix s’élèvent également pour demander un délai d’adaptation ainsi qu’un accompagnement des commerçants impactés.
Pour l’heure, les autorités communales n’ont pas encore officiellement réagi à cette mobilisation. Toutefois, plusieurs observateurs craignent une montée des tensions si un dialogue n’est pas rapidement engagé entre la mairie et les représentants des commerçants.
Cette situation intervient dans un contexte socio-économique déjà fragile, où de nombreux ménages peinent à faire face à la baisse des activités économiques dans la région surtout à quelques jours de la Tabaski.
En attendant une éventuelle médiation, Tombouctou retient son souffle face à une crise qui met en lumière les défis liés à la réorganisation urbaine et à la gestion des activités économiques locales.
Actu locale
Tonka : les enseignants annoncent un arrêt de travail et dénoncent la gestion du CAP
La tension monte dans le secteur éducatif à Tonka, dans la région de Tombouctou. La Synergie locale des syndicats des enseignants (SYNEFCT et SYNATEM) a annoncé un arrêt de travail sur toute l’étendue de la circonscription du Centre d’Animation Pédagogique (CAP) de Tonka.
Dans une correspondance adressée au préfet, les syndicats justifient cette décision par ce qu’ils qualifient de « mauvaise foi » du Directeur du CAP (DCAP) dans la gestion des préoccupations des enseignants. Ils dénoncent également l’absentéisme du responsable, le manque de collaboration avec les syndicats ainsi que la dégradation des conditions de travail.
Parmi les griefs évoqués figurent les intimidations et humiliations présumées subies par certains enseignants lors des suivis pédagogiques, la transformation des missions d’encadrement en opérations de contrôle jugées « policières », l’exclusion des syndicats dans certaines prises de décisions administratives et pédagogiques, ainsi que l’insuffisance de matériels didactiques dans plusieurs écoles.
La Synergie locale déplore aussi la pénurie d’enseignants dans la circonscription, tout en estimant que le nombre de conseillers pédagogiques reste élevé. Elle réclame par ailleurs l’installation effective du CAP à Tonka ville, jugeant que les raisons sécuritaires avancées jusque-là ne sont plus valables.
Dans leurs revendications, les syndicats exigent notamment la fin des intimidations contre les enseignants, le retour à un encadrement pédagogique plus formatif, l’implication des représentants syndicaux dans les décisions concernant le personnel, la dotation urgente des écoles en matériels didactiques, le redéploiement d’enseignants pour combler le déficit, ainsi que le départ immédiat du DCAP.
En réponse à la lettre des syndicats datée du 21 avril 2026, le Directeur du CAP de Tonka a déclaré la correspondance « irrecevable ». Dans sa réponse du 8 mai 2026, il estime que le contenu de la lettre ne respecte pas les usages administratifs et contient des expressions « désobligeantes et belliqueuses ». Le responsable affirme toutefois rester ouvert au dialogue et à la collaboration.
Toutefois, des sources proches du dossier indiquent que des négociations devraient s’ouvrir au cours du week-end entre les différentes parties afin de tenter de trouver une issue favorable à cette crise. Les autorités administratives et éducatives chercheraient ainsi à éviter une paralysie des activités scolaires dans la circonscription de Tonka.
Malgré cette perspective de dialogue, la Synergie locale maintient pour l’instant sa menace d’arrêt de travail jusqu’à satisfaction de ses doléances. Cette situation fait craindre des perturbations dans le fonctionnement des écoles de la circonscription dans les prochains jours.
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