Actu locale
Tombouctou : le Tindé Ber, une tradition séculaire au cœur du vivre-ensemble
Chaque année, à une quinzaine de jours du mois de Ramadan, les communautés de Tombouctou se rassemblent autour du « Tindé Ber » — littéralement le grand mortier en langue locale. Cette expression culturelle, organisée dans le quartier Abaradjou, marque le mois de Chaabane, période précédant le mois béni de Ramadan, et constitue un temps fort de la vie sociale et spirituelle de la cité des 333 saints.
Une tradition ancestrale
La célébration du Tindé Ber ne date pas d’aujourd’hui. Selon l’historien Ibrahim TOURÉ, originaire du quartier Abaradjou, cette tradition remonte au XVe siècle, traduisant le vécu et l’identité des communautés dites « Abarazies ».
« Le Tindé Ber est un véritable levier du vivre-ensemble et de la cohésion sociale dans le quartier Abaradjou », souligne-t-il.
En prélude aux festivités, des boules de crème, préparées collectivement par les femmes de la communauté, sont distribuées aux notabilités et aux autorités. Ce geste symbolique tient lieu d’invitation officielle et annonce le début des célébrations.

Une organisation élargie
Traditionnellement, l’organisation du Tindé Ber était confiée à trois familles du quartier. Cette année cependant, le président de la délégation spéciale de la Commune urbaine de Tombouctou, Yehia TANDINA, se propose d’nitier une réforme majeure en élargissant l’organisation à l’ensemble des communautés, avec l’implication directe de la mairie.
Cette initiative vise à donner au Tindé Ber une dimension plus inclusive, dépassant son ancrage initial pour en faire un événement fédérateur à l’échelle de la ville.

Un message spirituel fort
Organisé à moins de deux semaines du début du Ramadan, précisément les 14ᵉ et 15ᵉ jours du mois de Chaabane, le Tindé Ber porte un message spirituel profond.
« Le Tindé Ber est un rappel adressé aux fidèles musulmans annonçant l’arrivée imminente du Ramadan, l’un des piliers de l’islam, et marquant la fin des manifestations culturelles jusqu’à la fin du mois saint », explique Dedeou MESSAOUD, acteur culturel et membre de la commission d’organisation.

Un divertissement culturel inédit
Autour du grand mortier, dans une ambiance festive et rythmée par un piétinement jubilatoire, la danse du Billeijé captive l’assistance. Les meilleurs danseurs, issus des communautés d’Abaradjou, rivalisent d’adresse et d’énergie au son des mélodies traditionnelles, offrant un spectacle hautement symbolique et chargé d’émotion.
Actu locale
Tonka endeuillée à nouveau : un directeur de médersa exécuté en public
La ville de Tonka est une fois de plus plongée dans la douleur. Abdoul Salam Maïga, directeur d’une médersa locale, a été froidement assassiné en pleine rue par des individus armés.
D’après plusieurs témoins, la victime se trouvait avec ses proches au marché lorsque ses bourreaux ont fait irruption. Ils l’ont contraint à les suivre, avant de revenir quelques minutes plus tard avec lui, les yeux bandés. Il a été exécuté sur place, sous les yeux de personnes présentes sur les lieux.
Ce drame vient raviver une blessure encore ouverte au sein d’une communauté déjà meurtrie par une succession de violences. En novembre dernier, Mariam Cissé avait été enlevée puis assassinée. Fin mars, Amadou Diadié Baby, dit Marco, avait à son tour été abattu devant sa boutique par des hommes armés.
Ces meurtres à répétition installent durablement un sentiment de terreur et d’insécurité dans la ville, laissant ses habitants dans une angoisse profonde face à une violence qui ne semble pas vouloir s’arrêter.
Actu locale
Commune urbaine de Tombouctou : les commerçants s’insurgent contre la décision de la mairie
La tension monte à Tombouctou après l’inauguration officielle de la nouvelle gare routière par le président de la Délégation spéciale de la Commune urbaine, ce mardi 12 mai 2026. À peine la cérémonie terminée, une vague de contestation a éclaté dans plusieurs marchés de la ville, où des commerçants dénoncent une décision municipale qu’ils jugent « inadéquate » et « sans fondements ».
Au cœur de la polémique, le mot d’ordre annoncé par les autorités communales :
« Désormais, il est formellement interdit de débarquer ou de prendre des passagers en dehors de la gare routière.»
Une mesure qui vise, selon les autorités, à mieux organiser le transport urbain et interurbain, fluidifier la circulation et renforcer le contrôle des activités liées au transport. Mais du côté des commerçants, cette décision est perçue comme une menace directe contre leurs activités économiques.
Une ville paralysée
Ce mardi matin, Tombouctou s’est réveillée dans une atmosphère inhabituelle. Plusieurs boutiques sont restées fermées dans différents marchés de la ville, donnant l’image d’une véritable « ville morte ». Des commerçants et certains acteurs économiques ont observé un mouvement de protestation pour exprimer leur désaccord face à la nouvelle réglementation.
Les marchés et les rues habituellement animées ont laissé place à un calme pesant. Des habitants affirment n’avoir jamais vu une telle paralysie depuis plusieurs mois.
Selon certains commerçants rencontrés sur place, l’obligation de centraliser toutes les opérations de débarquement et d’embarquement à la gare routière risque de réduire considérablement l’affluence dans certaines zones commerciales qui vivaient essentiellement du passage des voyageurs.
« Beaucoup de familles dépendent des activités générées autour des points d’arrêt habituels des véhicules. Cette décision va étouffer nos commerces », déplore un vendeur du grand marché.
Une décision qui divise
Si certains citoyens saluent une volonté de mettre de l’ordre dans le secteur du transport, d’autres estiment que la mairie aurait dû engager davantage de concertations avec les acteurs concernés avant l’application de cette mesure.
Des voix s’élèvent également pour demander un délai d’adaptation ainsi qu’un accompagnement des commerçants impactés.
Pour l’heure, les autorités communales n’ont pas encore officiellement réagi à cette mobilisation. Toutefois, plusieurs observateurs craignent une montée des tensions si un dialogue n’est pas rapidement engagé entre la mairie et les représentants des commerçants.
Cette situation intervient dans un contexte socio-économique déjà fragile, où de nombreux ménages peinent à faire face à la baisse des activités économiques dans la région surtout à quelques jours de la Tabaski.
En attendant une éventuelle médiation, Tombouctou retient son souffle face à une crise qui met en lumière les défis liés à la réorganisation urbaine et à la gestion des activités économiques locales.
Actu locale
Tonka : les enseignants annoncent un arrêt de travail et dénoncent la gestion du CAP
La tension monte dans le secteur éducatif à Tonka, dans la région de Tombouctou. La Synergie locale des syndicats des enseignants (SYNEFCT et SYNATEM) a annoncé un arrêt de travail sur toute l’étendue de la circonscription du Centre d’Animation Pédagogique (CAP) de Tonka.
Dans une correspondance adressée au préfet, les syndicats justifient cette décision par ce qu’ils qualifient de « mauvaise foi » du Directeur du CAP (DCAP) dans la gestion des préoccupations des enseignants. Ils dénoncent également l’absentéisme du responsable, le manque de collaboration avec les syndicats ainsi que la dégradation des conditions de travail.
Parmi les griefs évoqués figurent les intimidations et humiliations présumées subies par certains enseignants lors des suivis pédagogiques, la transformation des missions d’encadrement en opérations de contrôle jugées « policières », l’exclusion des syndicats dans certaines prises de décisions administratives et pédagogiques, ainsi que l’insuffisance de matériels didactiques dans plusieurs écoles.
La Synergie locale déplore aussi la pénurie d’enseignants dans la circonscription, tout en estimant que le nombre de conseillers pédagogiques reste élevé. Elle réclame par ailleurs l’installation effective du CAP à Tonka ville, jugeant que les raisons sécuritaires avancées jusque-là ne sont plus valables.
Dans leurs revendications, les syndicats exigent notamment la fin des intimidations contre les enseignants, le retour à un encadrement pédagogique plus formatif, l’implication des représentants syndicaux dans les décisions concernant le personnel, la dotation urgente des écoles en matériels didactiques, le redéploiement d’enseignants pour combler le déficit, ainsi que le départ immédiat du DCAP.
En réponse à la lettre des syndicats datée du 21 avril 2026, le Directeur du CAP de Tonka a déclaré la correspondance « irrecevable ». Dans sa réponse du 8 mai 2026, il estime que le contenu de la lettre ne respecte pas les usages administratifs et contient des expressions « désobligeantes et belliqueuses ». Le responsable affirme toutefois rester ouvert au dialogue et à la collaboration.
Toutefois, des sources proches du dossier indiquent que des négociations devraient s’ouvrir au cours du week-end entre les différentes parties afin de tenter de trouver une issue favorable à cette crise. Les autorités administratives et éducatives chercheraient ainsi à éviter une paralysie des activités scolaires dans la circonscription de Tonka.
Malgré cette perspective de dialogue, la Synergie locale maintient pour l’instant sa menace d’arrêt de travail jusqu’à satisfaction de ses doléances. Cette situation fait craindre des perturbations dans le fonctionnement des écoles de la circonscription dans les prochains jours.
-
Actu localeil y a 5 moisTombouctou : le camp Fort Cheikh Sidi Bekaye doté d’une mosquée
-
Actu localeil y a 10 moisTombouctou : Clôture la première édition du concours national de récitation, de mémorisation et de psalmodie du Saint Coran
-
Actu localeil y a 10 moisTombouctou célèbre le retour triomphal de ses manuscrits anciens après 13 ans d’absence
-
Sportsil y a 8 moisFOOTBALL -Transfert : Alassane Hamma, alias « Rashford », s’engage avec le FC Binga
-
Actu nationaleil y a 9 moisÉdito: Le Tombouctou, mémoire et devoir
-
Actu localeil y a 9 moisLe blogging au Mali : état des lieux, entre défis et opportunités
-
Actualitéil y a 6 moisEffets du changement climatique au Mali : le Faguibine, un lac sacrifié
-
Actu localeil y a 8 moisPAFEEM : Le coup de pouce qui change des vies.

sangare Baba
7 février 2026 at 14h02
Nul n’a le droit d’effacer une page de l’histoire d’une communauté car une communauté sans histoire est un monde sans âme.