Culture
Culture : le Tassouma Comédie Show, vitrine du talent humoristique Tombouctien
Ce samedi 11 avril 2026, au Bouctou Parc, le rire s’est invité au cœur de la cité des 333 saints. Dans une ambiance conviviale et chaleureuse, le Tassouma Comédie Show a tenu toutes ses promesses, émerveillant un public venu nombreux. Initié par l’humoriste-comédien Handedeou Alassane Maïga, plus connu sous le pseudonyme de Tassouma, cet événement s’inscrit désormais comme un rendez-vous culturel incontournable à Tombouctou. Il séduit déjà les amateurs d’art et confirme l’émergence d’une scène humoristique locale en pleine structuration.

Une motivation artistique et sociale affirmée
Organiser un tel événement dans un contexte où la comédie reste encore peu valorisée relève d’un véritable engagement. Le Tassouma Comédie Show participe ainsi à repositionner l’humour comme une discipline artistique à part entière, capable de divertir tout en portant des messages forts.
« Le Tassouma Comédie Show – Djingar Gogor a été initié pour offrir un cadre d’expression aux jeunes talents de Tombouctou, souvent confrontés au manque d’opportunités artistiques », explique son initiateur.
Au-delà de l’aspect artistique, l’événement se veut également un espace de sensibilisation et de cohésion sociale. « La comédie ne doit pas seulement faire rire. L’humour doit être utilisé comme un outil de sensibilisation, d’épanouissement et de cohésion sociale », insiste Tassouma.

Une initiative innovante à Tombouctou
À Tombouctou, de nombreux jeunes humoristes se font connaître essentiellement à travers les réseaux sociaux, notamment TikTok. Des talents comme Narouto le Chinois, Alassane Tourdja, Anoura ou encore Bourama Infos peinent toutefois à accéder à une reconnaissance plus large faute de scènes d’expression.
Le Tassouma Comédie Show vient ainsi combler ce vide en proposant une plateforme professionnelle. « Cette initiative est innovante, car elle structure pour la première fois un spectacle entièrement dédié à l’humour, avec une programmation variée mêlant MC, sketchs, slam et musique », souligne Handedeou Alassane Maïga.

Un plaidoyer pour l’émergence de l’humour
À travers cette initiative, Tassouma lance un véritable appel aux autorités, partenaires et acteurs culturels. Pour lui, l’humour reste un levier puissant de transformation sociale.
« Malgré les préjugés, l’humour demeure un outil d’éducation, de résilience et de cohésion sociale », confie-t-il.
Ambitieux, il assure que cette première édition n’est qu’un début. « Investir dans l’humour à Tombouctou, c’est investir dans une jeunesse créative, engagée et porteuse d’espoir », martèle-t-il.
Actu locale
Tombouctou : le Tindé Ber, une tradition séculaire au cœur du vivre-ensemble
Chaque année, à une quinzaine de jours du mois de Ramadan, les communautés de Tombouctou se rassemblent autour du « Tindé Ber » — littéralement le grand mortier en langue locale. Cette expression culturelle, organisée dans le quartier Abaradjou, marque le mois de Chaabane, période précédant le mois béni de Ramadan, et constitue un temps fort de la vie sociale et spirituelle de la cité des 333 saints.
Une tradition ancestrale
La célébration du Tindé Ber ne date pas d’aujourd’hui. Selon l’historien Ibrahim TOURÉ, originaire du quartier Abaradjou, cette tradition remonte au XVe siècle, traduisant le vécu et l’identité des communautés dites « Abarazies ».
« Le Tindé Ber est un véritable levier du vivre-ensemble et de la cohésion sociale dans le quartier Abaradjou », souligne-t-il.
En prélude aux festivités, des boules de crème, préparées collectivement par les femmes de la communauté, sont distribuées aux notabilités et aux autorités. Ce geste symbolique tient lieu d’invitation officielle et annonce le début des célébrations.

Une organisation élargie
Traditionnellement, l’organisation du Tindé Ber était confiée à trois familles du quartier. Cette année cependant, le président de la délégation spéciale de la Commune urbaine de Tombouctou, Yehia TANDINA, se propose d’nitier une réforme majeure en élargissant l’organisation à l’ensemble des communautés, avec l’implication directe de la mairie.
Cette initiative vise à donner au Tindé Ber une dimension plus inclusive, dépassant son ancrage initial pour en faire un événement fédérateur à l’échelle de la ville.

Un message spirituel fort
Organisé à moins de deux semaines du début du Ramadan, précisément les 14ᵉ et 15ᵉ jours du mois de Chaabane, le Tindé Ber porte un message spirituel profond.
« Le Tindé Ber est un rappel adressé aux fidèles musulmans annonçant l’arrivée imminente du Ramadan, l’un des piliers de l’islam, et marquant la fin des manifestations culturelles jusqu’à la fin du mois saint », explique Dedeou MESSAOUD, acteur culturel et membre de la commission d’organisation.

Un divertissement culturel inédit
Autour du grand mortier, dans une ambiance festive et rythmée par un piétinement jubilatoire, la danse du Billeijé captive l’assistance. Les meilleurs danseurs, issus des communautés d’Abaradjou, rivalisent d’adresse et d’énergie au son des mélodies traditionnelles, offrant un spectacle hautement symbolique et chargé d’émotion.
Actu locale
Biennale 2025 : la culture au service de l’unité et de la souveraineté
Sous le ciel sahélien de Tombouctou, la Biennale artistique et culturelle 2025 s’est refermée sur une image forte : celle d’un Mali rassemblé autour de sa culture, de sa mémoire et de son avenir. Dans la cité des 333 Saints, les mots du Premier ministre et du ministre de la Culture ont résonné comme un même message, clair et assumé : la culture est aujourd’hui un acte de souveraineté
Les rideaux sont tombés sur les scènes. Les projecteurs se sont éteints et le calme regagne les salle de spectacle Ali Farka TOURE, remise à neuf pour l’évènement : Tombouctou a refermé la Biennale 2025, (sa biennale), portée par une culture debout et rassembleuse. Mais le message politique et symbolique, lui, résonne encore avec force. Après dix jours de célébrations au cœur de la « Cité des 333 Saints », la Biennale artistique et culturelle 2025 a pris fin, marquant un tournant dans la narration nationale du Mali.
Sous le ciel sahélien de Tombouctou, la Biennale artistique et culturelle 2025 s’est refermée sur une image forte : celle d’un Mali rassemblé autour de sa culture, de sa mémoire et de son avenir. Dans la cité des 333 Saints, les mots du Premier ministre et du ministre de la Culture ont résonné comme un même message, clair et assumé : la culture est aujourd’hui un acte de souveraineté.

Prenant la parole au nom du Président de la Transition, le Premier ministre Abdoulaye Maïga a inscrit l’événement dans une lecture profondément nationale. La Biennale, a-t-il rappelé, est « un Mali en miniature », où chaque région donne à voir sa richesse, ses rythmes et ses récits. En choisissant Tombouctou pour la première fois, le pouvoir a voulu poser un symbole fort : celui d’une nation capable de tenir debout, même là où l’histoire récente a laissé des cicatrices. La culture, selon lui, agit comme un ciment, reliant les territoires, les générations et les identités dans un même élan.

Dans la même tonalité, le ministre de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme a élargi la perspective. Pour lui, la Biennale 2025 dépasse le cadre festif : elle marque une réappropriation de Tombouctou comme espace vivant, ouvert et tourné vers le monde. L’Année de la Culture, décrétée par les autorités, n’est pas un slogan, mais une orientation stratégique. À Tombouctou, cette vision a pris corps à travers les spectacles, le Forum mondial des civilisations et une mobilisation populaire massive.

Les deux discours convergent sur un point essentiel : la culture n’est pas un luxe en période de crise. Elle est une réponse. Une réponse aux fractures, aux peurs et aux discours de marginalisation. Pendant dix jours, Tombouctou a respiré au rythme du Mali et de l’Afrique, accueillant artistes, délégations et visiteurs venus constater que la ville n’est ni figée ni effacée, mais pleinement présente.
Au moment de baisser les rideaux, ni vainqueurs ni vaincus n’ont été désignés. Le seul gagnant, ont insisté les deux responsables, reste le Mali lui-même. Une victoire collective, portée par les artistes, les forces de sécurité, les populations locales et l’ensemble des acteurs mobilisés.
En quittant Tombouctou, les délégations et les officiels ont affiché une certitude : ce n’est pas simplement une édition de la Biennale qui s’est refermée. C’est aussi une nouvelle ère qui s’est ouverte. Celle d’une renaissance culturelle assumée, où la mémoire devient force, et où la culture s’affirme comme un rempart contre tout, alors que des narratifs peu élogieux du Mali provenaient de ça et là, un des derniers espaces de consensus et d’espoir partagé.
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Handedeou Alassane Maiga
16 avril 2026 at 11h08
Merci beaucoup, c’est vraiment édifiant.