Actu nationale
Édito: Le Tombouctou, mémoire et devoir

« L’oubli est une seconde mort
Se souvenir, c’est résister», disent les maitres de la parole.
Le fleuve Niger n’oubliera jamais les vagues que laissait dans son sillage le majestueux « Le Tombouctou ».
Il n’était pas un simple navire qui voguait d’un port à un autre, dans une indescriptible complicité avec le « Issa Bero », le grand fleuve dont les eaux ont toujours été synonymes de vie, de joie et de prospérité.
Il vint hélas ce matin du 7 Septembre où « Le Tombouctou », jadis symbole du lien séculaire entre les peuples, est devenu le tombeau d’hommes, de femmes et d’enfants fauchés par une barbarie sans nom.
Des hommes, des femmes, des enfants voyageaient ce jour-là. Certains rentraient auprès des leurs, d’autres poursuivaient un rêve, tous portaient en eux cette foi tranquille dans la vie ordinaire. Leur seul tort fut de croire que le grand fleuve, berceau de nos échanges, poumon de notre économie, fierté de tout un pays, demeurait un lieu sûr. Mais la folie meurtrière d’hommes sans foi ni loi en a décidé autrement, transformant ce symbole de lien et de fraternité en théâtre de sang et de larmes.
Le silence ne doit pas recouvrir leurs noms. L’oubli serait une seconde mort. Ces victimes méritent que leurs visages, leurs histoires, leurs rires arrachés au quotidien, restent présents dans nos mémoires collectives.
Nous devons, aujourd’hui plus que jamais, nous souvenir. Car se souvenir, c’est résister. Se souvenir, c’est redonner une dignité à ceux que la barbarie a voulu effacer.
Mais la mémoire ne suffit pas. Elle doit s’accompagner d’actes. Les survivants, ceux qui portent encore les stigmates de ce naufrage sanglant – sur leur corps comme dans leur âme – attendent de la nation solidarité et justice. Ils attendent que les autorités mettent en place un véritable dispositif d’accompagnement, qu’elles honorent par des gestes concrets le sacrifice de ces victimes.
L’histoire du Tombouctou ne doit pas se diluer dans les eaux troubles de l’indifférence. Elle doit nous rappeler que protéger la vie des citoyens est la première responsabilité de l’État, et qu’aucune reconstruction nationale n’est possible si l’on ferme les yeux sur la douleur des siens.
Alors que le fleuve continue de couler, n’oublions jamais que ce courant charrie désormais, au-delà de l’eau et des sables, le souvenir des nôtres. À nous de le garder vivant.
Le Tombouctou n’est pas seulement une tragédie, c’est un appel. Un appel à protéger les vies, à honorer les morts, et à ne jamais laisser l’indifférence recouvrir nos blessures. Nous refusons l’oubli. Leurs visages et leurs rêves doivent demeurer dans notre mémoire collective. Mais se souvenir ne suffit pas : il faut agir. Aux autorités de porter ce devoir de mémoire et d’offrir aux survivants le soutien qu’ils méritent.
Il y a des blessures que le temps ne referme pas. Il en est ainsi de celle que le drame du 7 Septembre 2023.
Actu nationale
NÉCROLOGIE : Le monde des Arts et de la Culture endeuillé
C’est la triste nouvelle qui est venue briser le calme de ce samedi ,dernier jour du mois de Février.
Boncana MAIGA,plus connu sous le nom de Maestro Boncana, vient de tirer sa révérence ce jour à 5h du matin à la Clinique Pasteur.
La nouvelle de sa disparition a été rendue publique par sa famille.
Le natif de Gao s’est distingué sur la scène musicale malienne et internationale avec son tube « Mariétou »,qu’il reprendra plus tard avec de nombreux groupes musicaux.
Sa carrière musicale l’a conduit aux quatre coins du monde et lui a valu de collaborer avec le prestigieux groupe AFRICANDO.
Boncana MAIGA a éminemment contribué à l’éclosion de nombreux talents musicaux sur la scène nationale à travers « Toun ka gouna « ,un show télévisé.
C’est une figure majeure de la musique malienne et africaine qui nous quitte définitivement.
À sa famille et au monde de la musique,la rédaction d’Horizons7 exprime ses sincères condoléances.
Dors en paix,l’artiste !
Actu nationale
Décryptage : que retenir des vœux du Nouvel an du Président de la Transition du Mali ?
Au seuil du Nouvel An 2026, le Président de la Transition du Mali, le Général d’Armée Assimi GOITA a fait une adresse solennelle à la nation malienne. Dans ses propos, le Chef de l’État est revenu notamment sur les défis aux plans sécuritaires et politiques du pays. D’autres aspects ont également été abordés dans le discours d’une vingtaine de minutes, diffusé sur la télévision nationale. Entre autres les avancées de la Transition, la souveraineté nationale et les perspectives pour l’année 2026. Décryptage
Au-delà du discours rituel institutionnel, l’adresse du Président de la Transition aux citoyens est un document de pilotage politique, pensé comme un acte de cadrage, de justification et de projection.
Bilan de l’année 2025 : résilience face aux épreuves
Le Général d’Armée et Président de la Transition a qualifié 2025 d’année d’épreuves, notamment sur les plans énergétique et économique, marquée par les perturbations en approvisionnement. Le pays a subi des perturbations importantes en carburant à la suite d’attaques contre des convois vitaux.
Le Président a salué la bravoure des opérateurs économiques, des chauffeurs et des forces de sécurité qui ont assuré le ravitaillement, ainsi que la patience et la détermination du peuple malien.
Celui lui, les défis d’importation doivent désormais apparaitre comme des opportunités d’innovation pour une nation debout.
La solidarité sous-régionale s’est également renforcée à travers l’élargissement de la coopération avec le Burkina Faso et le Niger. La mise en place de la force unifiée de l’AES pour protéger les peuples et défendre l’espace commun est l’illustration parfaite de la vitalité de cette coopération.
Une mention a également été faite des tentatives de division et de peur, en plus de la cabale médiatique orchestrée par certains Etats contre le Mali.
Choix stratégique et vision d’avenir : une souveraineté assumée
Face aux groupes armés terroristes et les pressions extérieures, le Mali a choisi d’affirmer pleinement sa souveraineté.
Assimi GOITA a décliné une vision prospective pour 2063, adossée à une stratégie de mise en œuvre 2025-2033, qui vise à faire du Mali une nation souveraine, unie, juste, sécurisée et prospère.
Ce qui est revenu en filigrane dans le discours, c’est aussi la souveraineté systémique : sécuritaire, économique, énergétique, culturelle, monétaire et même narrative. Le concept de Malikura fonctionne comme une marque politique globale, un horizon mobilisateur qui permet de relier le temps court de la Transition à un temps long (2063). Ce glissement est stratégique : il désamorce la critique du provisoire en installant la Transition dans une continuité historique
Le Président GOITA a mis l’emphase sur le combat héroïque des forces armées et de sécurité, grâce auquel des avancées significatives sont enregistrées (zones sécurisées, rétablissement de l’autorité de l’Etat, entre autres).
La renaissance culturelle constitue un pilier de la souveraineté prônée par les autorités de la Transition. Elle se traduit par l’éducation aux valeurs, l’officialisation des langues nationales et la valorisation des légitimités traditionnelles pour renforcer le vivre-ensemble et le développement endogène.
Justice et Gouvernance Vertueuse
Le Président de la Transition a réaffirmé sa volonté de lutter contre la délinquance économique et financière, la corruption et l’impunité. Les services dédiés, en l’occurrence le Pôle National Économique et Financier et l’OCLEI disposent de toutes les ressources pour mener à bien ce et garantir que « nul n’est au-dessus de la loi ».
Au chapitre des reformes, Assimi GOITA a annoncé la poursuite des réformes, conformément à l’esprit des Assises nationales et des recommandations du dialogue inter-malien. La dissolution et l’audit des partis politiques constituent une étape de ces réformes, a-t-il martelé.
En application de l’article 39 de la Constitution, des concertations sont prévues en 2026 autour de l’avant-projet de lois régissant les partis politiques.
Ce qui sous-entend de facto que le retour au jeu classique ne se fera ni rapidement ni à l’identique. Le pouvoir prépare l’opinion à une reconfiguration durable des règles de la compétition politique, sous couvert de refondation.
Sur le positionnement politique général
La Transition se présente comme un pouvoir qui assume le coût politique de décisions impopulaires, mais jugées nécessaires. Le fil conducteur est clair : le Mali traverse une zone de turbulence historique, et l’autorité actuelle se pose comme le seul pilote capable de maintenir le cap.
Sur le terrain économique
Le Président de la Transition a tenté de rassurer sans triomphalisme. Les indicateurs positifs (croissance, inflation maîtrisée, sortie de la liste grise du GAFI) sont utilisés comme preuves de crédibilité internationale, tout en maintenant un discours de défiance vis-à-vis des anciennes dépendances. La renégociation des contrats miniers et la transformation locale des ressources constituent un message direct aux élites économiques : l’État reprend la main, et durablement.
En conclusion, c’est plutôt en architecte d’un nouvel ordre politique qu’en chef de Transition que le Président Assimi GOITA s’est adressé aux maliens.
Actu locale
Biennale 2025 : la culture au service de l’unité et de la souveraineté
Sous le ciel sahélien de Tombouctou, la Biennale artistique et culturelle 2025 s’est refermée sur une image forte : celle d’un Mali rassemblé autour de sa culture, de sa mémoire et de son avenir. Dans la cité des 333 Saints, les mots du Premier ministre et du ministre de la Culture ont résonné comme un même message, clair et assumé : la culture est aujourd’hui un acte de souveraineté
Les rideaux sont tombés sur les scènes. Les projecteurs se sont éteints et le calme regagne les salle de spectacle Ali Farka TOURE, remise à neuf pour l’évènement : Tombouctou a refermé la Biennale 2025, (sa biennale), portée par une culture debout et rassembleuse. Mais le message politique et symbolique, lui, résonne encore avec force. Après dix jours de célébrations au cœur de la « Cité des 333 Saints », la Biennale artistique et culturelle 2025 a pris fin, marquant un tournant dans la narration nationale du Mali.
Sous le ciel sahélien de Tombouctou, la Biennale artistique et culturelle 2025 s’est refermée sur une image forte : celle d’un Mali rassemblé autour de sa culture, de sa mémoire et de son avenir. Dans la cité des 333 Saints, les mots du Premier ministre et du ministre de la Culture ont résonné comme un même message, clair et assumé : la culture est aujourd’hui un acte de souveraineté.

Prenant la parole au nom du Président de la Transition, le Premier ministre Abdoulaye Maïga a inscrit l’événement dans une lecture profondément nationale. La Biennale, a-t-il rappelé, est « un Mali en miniature », où chaque région donne à voir sa richesse, ses rythmes et ses récits. En choisissant Tombouctou pour la première fois, le pouvoir a voulu poser un symbole fort : celui d’une nation capable de tenir debout, même là où l’histoire récente a laissé des cicatrices. La culture, selon lui, agit comme un ciment, reliant les territoires, les générations et les identités dans un même élan.

Dans la même tonalité, le ministre de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme a élargi la perspective. Pour lui, la Biennale 2025 dépasse le cadre festif : elle marque une réappropriation de Tombouctou comme espace vivant, ouvert et tourné vers le monde. L’Année de la Culture, décrétée par les autorités, n’est pas un slogan, mais une orientation stratégique. À Tombouctou, cette vision a pris corps à travers les spectacles, le Forum mondial des civilisations et une mobilisation populaire massive.

Les deux discours convergent sur un point essentiel : la culture n’est pas un luxe en période de crise. Elle est une réponse. Une réponse aux fractures, aux peurs et aux discours de marginalisation. Pendant dix jours, Tombouctou a respiré au rythme du Mali et de l’Afrique, accueillant artistes, délégations et visiteurs venus constater que la ville n’est ni figée ni effacée, mais pleinement présente.
Au moment de baisser les rideaux, ni vainqueurs ni vaincus n’ont été désignés. Le seul gagnant, ont insisté les deux responsables, reste le Mali lui-même. Une victoire collective, portée par les artistes, les forces de sécurité, les populations locales et l’ensemble des acteurs mobilisés.
En quittant Tombouctou, les délégations et les officiels ont affiché une certitude : ce n’est pas simplement une édition de la Biennale qui s’est refermée. C’est aussi une nouvelle ère qui s’est ouverte. Celle d’une renaissance culturelle assumée, où la mémoire devient force, et où la culture s’affirme comme un rempart contre tout, alors que des narratifs peu élogieux du Mali provenaient de ça et là, un des derniers espaces de consensus et d’espoir partagé.
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