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Tombouctou : l’aide humanitaire, une bouée de sauvetage face à l’insécurité et aux crises diverses

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Salle de classe effondrée dans une école de Tombouctou

Dans régions septentrionales du Mali, comme dans d’autres régions du pays, les populations font face à une crise humanitaire complexe. L’insécurité grandissante, combinée à une réduction drastique des fonds alloués, met à rude épreuve la régularité de l’aide humanitaire. Malgré ces défis, l’impact de l’assistance reste vital pour des millions de personnes.

Un impact mesurable sur la vie des familles


Pour les communautés déjà fragilisées par les conflits et les conséquences du changement climatiques, l’aide humanitaire n’est pas un luxe, mais une question de survie. Elle se traduit par des actions concrètes : distribution de vivres, accès à l’eau potable, soins de santé d’urgence ou encore kits d’hygiène. Pour de nombreux ménages, ces soutiens sont une bouffée d’oxygène.


« L’année dernière, nous avons tout perdu en fuyant notre village », confie Mariam, une mère de trois enfants déplacée à Goundam. « Sans les sacs de riz et les bidons d’huile que les humanitaires nous ont donnés, je ne sais pas comment mes enfants auraient survécu. Cela nous a permis de tenir pendant des semaines, le temps que mes frères me viennent à l’aide. » Son témoignage met en lumière l’aide d’urgence qui, bien que temporaire, permet d’atténuer son quotidien difficile.


Toutefois, comme Mariam, la survie n’est pas la seule préoccupation des personnes vulnérables. Elles aspirent aussi aussi à reconstruire leur dignité et à renforcer leur résilience. Mohamed, un agriculteur du Faguibine désormais installé à la périphérie de Tombouctou, a pu recevoir des semences et des outils agricoles. « C’est plus qu’une simple aide. C’est l’opportunité d’un nouveau départ. Avec ces graines, j’ai commencé le maraichage. Ce n’est pas facile, mais je parviens à assurer l’essentiel pour ma famille», déclare-t-il avec un brin de satisfaction dans l’expression.


L’acheminement de l’aide : entre défis sécuritaires et logistiques


L’un des plus grands défis de la réponse humanitaire au Mali est l’acheminement de l’aide. L’insécurité rend l’accès à certaines zones extrêmement dangereux, voire impossible. Dans son message publié à l’occasion de la journée mondiale de l’aide humanitaire (célébrée chaque 19 Août), Antonio Guterres a indiqué que « ceux et celles qui apportent l’aide humanitaire font l’objet d’attaques de plus en plus fréquentes », rapportant au passage des chiffres alarmants : « l’année dernière, pas moins de 390 travailleurs humanitaires ont été tués dans le monde – un record ». A lui seul, le Mali a enregistré, au 31 Juillet, plus de 40 attaques ayant ciblé des humanitaires. La plus récente, survenue dans la région de San avait fait 02 victimes.


Cette insécurité a un double effet : elle met en danger les convois d’aide et les travailleurs humanitaires, en plus d’augmenter les coûts opérationnels.


« La logistique est notre plus grand cauchemar. Les routes sont souvent impraticables à cause des attaques, des engins explosifs improvisés, et des enlèvements ». Une démarche qui est non seulement complexe et risquée au regard du contexte global de certaines zones dans lesquelles opèrent les organisations humanitaires.


Face au défi du désengagement des donateurs


Ces défis opérationnels se superposent à une crise de financement sans précédent. L’humanitaire est plus que jamais sous pression. L’insuffisance des ressources financières oblige les organisations à se concentrer sur des secteurs tels la santé, la nutrition ou l’éducation de base, alors que d’autre part, les besoins croissent jour après jour (hydraulique, assainissement, conséquences du changement climatiques entre autres).


Pour autant, Sidi Ahmed Adiawiakoye, le responsable du sous-bureau d’OCHA à Tombouctou affirme que « la réponse humanitaire dans les régions de Tombouctou et Taoudéni continue d’opérer, souvent grâce à des partenariats solides entre les agences internationales, les ONG locales et les autorités de l’État ».


Face aux multiples crises mondiales, les donateurs internationaux réduisent leurs budgets pour l’aide humanitaire. Le service étatique chargé de la gestion de l’action humanitaire (il s’agit de la direction du développement social) tire la sonnette d’alarme : « On est entre le marteau et l’enclume. D’un côté, la crise s’aggrave, les besoins augmentent. De l’autre, les fonds diminuent. », Nous confie M. Bengaly.


« On est forcés de faire des choix terribles : quel programme couper ? Quelle communauté laisser de côté ? C’est déchirant. Sans un financement suffisant, des vies seront perdues. », se plaint un agent de terrain d’une des organisations opérant dans les deux régions.


Si la collaboration n’est pas toujours à hauteur de souhait, elle s’avère essentielle pour naviguer dans ce contexte hostile de certaines zones d’intervention et force est de reconnaitre que l’aide humanitaire est la seule bouée de sauvetage pour des milliers, voire des millions de personnes, dont le sort devient chaque jour incertain.

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Tombouctou : le CROCSAD 2026,un diagnostic objectif des defis de la région.

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Réunis le 15 avril 2026 à Tombouctou, les acteurs institutionnels, techniques et humanitaires de la région ont pris part à la première session ordinaire du Comité Régional d’Orientation, de Coordination et de Suivi des Actions de Développement (CROCSAD). À cette occasion, le Gouverneur de la région a dressé un tableau sans détour des difficultés actuelles tout en appelant à une mobilisation collective renforcée.

Un contexte régional marqué par des fragilités croissantes

D’entrée de jeu, le chef de l’exécutif régional a souligné que l’année 2026 s’ouvre sur une conjoncture préoccupante. Parmi les principales contraintes évoquées figurent les difficultés d’approvisionnement en carburant, le retrait de certaines ONG, la suspension de financements et la perte d’emplois.
Ces facteurs, selon lui, ont un impact direct sur les conditions de vie des populations, accentuant leur vulnérabilité dans une région déjà éprouvée par des crises multidimensionnelles.

Le FNACT au cœur des priorités de la session

L’un des axes majeurs de cette rencontre reste l’évaluation du Fonds National d’Appui aux Collectivités Territoriales (FNACT). Le Gouverneur a insisté sur la nécessité de faire le bilan des réalisations de 2025 et des années antérieures, tout en projetant les perspectives pour 2026.
Dans la même dynamique, la mobilisation des financements de l’ANICT et la présentation des actions de développement, notamment celles du projet PASEM II dans le secteur de l’élevage, figurent parmi les points clés à l’ordre du jour.

Un appel fort à la coordination des acteurs

Face à la complexité des défis, le Gouverneur a mis l’accent sur la nécessité de renforcer la synergie entre les différents intervenants : services de l’État, collectivités territoriales, partenaires techniques et financiers, ONG et société civile.
Il a notamment exhorté les participants à s’impliquer activement dans les travaux afin d’améliorer la planification, la mise en œuvre et le suivi des projets de développement.
Entre gouvernance et responsabilité des acteurs locaux
Le discours met également en lumière le rôle central des services déconcentrés de l’État dans l’accompagnement des collectivités, notamment à travers le contrôle de légalité et l’appui-conseil.
De leur côté, les responsables locaux sont appelés à faire preuve de davantage d’engagement pour répondre aux attentes des populations, en particulier en matière d’accès aux services sociaux de base.

Une dimension politique affirmée

Le Gouverneur n’a pas manqué de rappeler son alignement avec la vision des autorités de la Transition, réaffirmant son attachement à la sauvegarde de l’intérêt général, conformément aux orientations du Chef de l’État.
Cette référence souligne l’ancrage politique du discours dans le contexte institutionnel actuel du Mali.

Vers des recommandations orientées vers l’impact

En perspective, le Gouverneur a exprimé son souhait de voir émerger, à l’issue de cette session, des recommandations concrètes et opérationnelles, capables d’améliorer l’efficacité des interventions dans la région.
Il a également évoqué l’organisation du Festival Culturel « Tombouctou Lassalterey », confiée aux collectivités territoriales, comme une opportunité de mobilisation et de valorisation culturelle.

Une volonté affichée de transformer les défis en opportunités

En conclusion, ce discours traduit une volonté claire des autorités régionales de faire face aux difficultés par une approche coordonnée et orientée vers les résultats. Toutefois, la réussite de cette ambition dépendra fortement de la capacité des acteurs à maintenir leur engagement dans un contexte de ressources limitées et de retrait progressif de certains partenaires.

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Tombouctou, la commune urbaine lance une campagne d’assainissement pour une ville plus propre

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La Délégation spéciale de la Commune urbaine de Tombouctou a lancé une vaste campagne d’assainissement destinée à améliorer le cadre de vie des populations et à préserver la santé publique. L’initiative vise à rendre la ville plus propre, plus saine et plus agréable pour l’ensemble des habitants.

Informer la communauté

Dans un communiqué radiodiffusé en français, en songhaï et en tamasheq, les autorités communales appellent les citoyens à adopter de meilleures pratiques d’hygiène et de gestion des déchets afin de protéger l’environnement.
Plusieurs mesures ont été annoncées. Les ordures doivent désormais être déposées uniquement dans les dépôts de transit ou au dépôt final.

Quelles interdictions?

Il est strictement interdit de jeter des déchets dans les rues, les caniveaux, les espaces publics ou les terrains vagues. Les ménages, les commerces et les services sont également invités à maintenir la propreté devant leurs concessions et lieux d’activités.
La divagation des animaux en ville est interdite, tout comme le déversement des eaux usées en plein jour.

Sensibiliser, avertir, sanctionner

La campagne se déroulera en trois phases. Une première phase de sensibilisation de quinze jours sera consacrée à l’information et à la mobilisation des populations autour des bonnes pratiques d’assainissement. Elle sera suivie d’une phase d’avertissement, également de quinze jours, durant laquelle les contrevenants seront rappelés à l’ordre et invités à se conformer aux règles.
Enfin, une phase de sanctions sera appliquée conformément aux textes et règlements en vigueur.
Par ailleurs, la Délégation spéciale invite les associations féminines, les comités de jeunes et les groupements d’intérêt économique (GIE) d’assainissement à s’impliquer aux côtés des chefs de quartiers et des Comités de Développement de Quartier. Un concours sera organisé afin de désigner le quartier le plus propre du mois.


Les autorités communales comptent sur l’engagement et le sens de responsabilité de chaque citoyen pour faire de cette campagne un succès et bâtir une ville propre, saine et exemplaire.

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Amadia : les exploitants sommés de payer les redevances

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Les responsables de la coopérative paysanne d’Amadia tirent la sonnette d’alarme : le non-paiement des redevances par certains exploitants agricoles compromet fortement les activités. Selon eux, plusieurs paysans accusent jusqu’à trois années d’arriérés d’impayés.
Une situation qui freine sérieusement le fonctionnement de la coopérative. Les leaders de la plaine donnent ainsi un ultimatum : les producteurs concernés ont jusqu’à la fin du mois de mars pour régulariser leur situation. Passé ce délai, les champs des exploitants qui n’auront pas payé leurs redevances pourraient être sevrés d’eau. C’est du moins ce qu’a laissé entendre Khalil Djitteye, le trésorier de la plaine.
La plaine d’Amadia est une zone agricole clé de 400 hectares.
Située à environ 25 km de la ville de Tombouctou, elle est cruciale pour la production de riz, mais aussi de produits de maraîchage, notamment l’oignons, l’échalote et la pomme de terre.

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