Actu locale
Tombouctou : la délégation spéciale sur le chantier du redressement des finances.
La délégation spéciale de la mairie de Tombouctou vient de publier un rapport sur l’apport des équipements marchands. Le document révèle des pertes énormes pour les caisses de la collectivité. Entre 2019 et 2024, douze contrats ont été signés. Ces conventions prévoient des montants très en deçà de la réalité du marché, selon l’équipe dirigeante.
Pour la nouvelle équipe de la mairie, alors que des boutiques privées se négocient entre 25 000 et 100 000 F, certains magasins relevant de la commune sont loués entre 4 000 et 12 000 F seulement.
De plus, la mairie supporte encore la charge du ramassage des ordures, alors même qu’elle perçoit des loyers dérisoires.

Recettes communales largement sous-évaluées
À cela s’ajoute une sous-évaluation des recettes issues des marchés, des stationnements, des embarcations et même des tricycles. Le document estime que les contrats de stationnement ne rapportent que 60 000 F par mois, là où ils pourraient atteindre jusqu’à 800 000 F.
En ce qui concerne la taxe sur le bétail et d’autres redevances prévues par la loi, elles échappent totalement à la commune.
Résiliation des anciens contrats et nouveaux appels d’offres
Pour pallier le problème, la nouvelle équipe municipale a décidé de la révision des contrats, de la relance des taxes oubliées et d’un contrôle renforcé. Ainsi, d’une dizaine de millions par an, la mairie peut en obtenir plusieurs. L’actuelle équipe de la délégation spéciale entend renflouer les caisses communales pour mieux répondre aux besoins de la population et restaurer l’équilibre financier de la mairie.
La commission est déjà passée à l’action. Elle a décidé de résilier les contrats actuels des marchés, stationnements, quais et abattoirs. De nouveaux appels d’offres seront lancés. Les GIE qui géraient les équipements peuvent toujours candidater, mais selon des conditions plus strictes et transparentes.
Mesures pratiques : stationnement, collecte et recensement
Il sera désormais instauré une carte annuelle de stationnement pour les tricycles, la création de nouveaux postes de collecte aux sorties de la ville, ainsi que la perception directe de certaines taxes.
La délégation spéciale annonce également un recensement des kiosques et stands sur le domaine public. Les frais de location des antennes installées sur les marchés appartenant aux opérateurs de téléphonie seront directement versés dans les caisses de la mairie.
Actu locale
Tonka endeuillée à nouveau : un directeur de médersa exécuté en public
La ville de Tonka est une fois de plus plongée dans la douleur. Abdoul Salam Maïga, directeur d’une médersa locale, a été froidement assassiné en pleine rue par des individus armés.
D’après plusieurs témoins, la victime se trouvait avec ses proches au marché lorsque ses bourreaux ont fait irruption. Ils l’ont contraint à les suivre, avant de revenir quelques minutes plus tard avec lui, les yeux bandés. Il a été exécuté sur place, sous les yeux de personnes présentes sur les lieux.
Ce drame vient raviver une blessure encore ouverte au sein d’une communauté déjà meurtrie par une succession de violences. En novembre dernier, Mariam Cissé avait été enlevée puis assassinée. Fin mars, Amadou Diadié Baby, dit Marco, avait à son tour été abattu devant sa boutique par des hommes armés.
Ces meurtres à répétition installent durablement un sentiment de terreur et d’insécurité dans la ville, laissant ses habitants dans une angoisse profonde face à une violence qui ne semble pas vouloir s’arrêter.
Actu locale
Commune urbaine de Tombouctou : les commerçants s’insurgent contre la décision de la mairie
La tension monte à Tombouctou après l’inauguration officielle de la nouvelle gare routière par le président de la Délégation spéciale de la Commune urbaine, ce mardi 12 mai 2026. À peine la cérémonie terminée, une vague de contestation a éclaté dans plusieurs marchés de la ville, où des commerçants dénoncent une décision municipale qu’ils jugent « inadéquate » et « sans fondements ».
Au cœur de la polémique, le mot d’ordre annoncé par les autorités communales :
« Désormais, il est formellement interdit de débarquer ou de prendre des passagers en dehors de la gare routière.»
Une mesure qui vise, selon les autorités, à mieux organiser le transport urbain et interurbain, fluidifier la circulation et renforcer le contrôle des activités liées au transport. Mais du côté des commerçants, cette décision est perçue comme une menace directe contre leurs activités économiques.
Une ville paralysée
Ce mardi matin, Tombouctou s’est réveillée dans une atmosphère inhabituelle. Plusieurs boutiques sont restées fermées dans différents marchés de la ville, donnant l’image d’une véritable « ville morte ». Des commerçants et certains acteurs économiques ont observé un mouvement de protestation pour exprimer leur désaccord face à la nouvelle réglementation.
Les marchés et les rues habituellement animées ont laissé place à un calme pesant. Des habitants affirment n’avoir jamais vu une telle paralysie depuis plusieurs mois.
Selon certains commerçants rencontrés sur place, l’obligation de centraliser toutes les opérations de débarquement et d’embarquement à la gare routière risque de réduire considérablement l’affluence dans certaines zones commerciales qui vivaient essentiellement du passage des voyageurs.
« Beaucoup de familles dépendent des activités générées autour des points d’arrêt habituels des véhicules. Cette décision va étouffer nos commerces », déplore un vendeur du grand marché.
Une décision qui divise
Si certains citoyens saluent une volonté de mettre de l’ordre dans le secteur du transport, d’autres estiment que la mairie aurait dû engager davantage de concertations avec les acteurs concernés avant l’application de cette mesure.
Des voix s’élèvent également pour demander un délai d’adaptation ainsi qu’un accompagnement des commerçants impactés.
Pour l’heure, les autorités communales n’ont pas encore officiellement réagi à cette mobilisation. Toutefois, plusieurs observateurs craignent une montée des tensions si un dialogue n’est pas rapidement engagé entre la mairie et les représentants des commerçants.
Cette situation intervient dans un contexte socio-économique déjà fragile, où de nombreux ménages peinent à faire face à la baisse des activités économiques dans la région surtout à quelques jours de la Tabaski.
En attendant une éventuelle médiation, Tombouctou retient son souffle face à une crise qui met en lumière les défis liés à la réorganisation urbaine et à la gestion des activités économiques locales.
Actu locale
Tonka : les enseignants annoncent un arrêt de travail et dénoncent la gestion du CAP
La tension monte dans le secteur éducatif à Tonka, dans la région de Tombouctou. La Synergie locale des syndicats des enseignants (SYNEFCT et SYNATEM) a annoncé un arrêt de travail sur toute l’étendue de la circonscription du Centre d’Animation Pédagogique (CAP) de Tonka.
Dans une correspondance adressée au préfet, les syndicats justifient cette décision par ce qu’ils qualifient de « mauvaise foi » du Directeur du CAP (DCAP) dans la gestion des préoccupations des enseignants. Ils dénoncent également l’absentéisme du responsable, le manque de collaboration avec les syndicats ainsi que la dégradation des conditions de travail.
Parmi les griefs évoqués figurent les intimidations et humiliations présumées subies par certains enseignants lors des suivis pédagogiques, la transformation des missions d’encadrement en opérations de contrôle jugées « policières », l’exclusion des syndicats dans certaines prises de décisions administratives et pédagogiques, ainsi que l’insuffisance de matériels didactiques dans plusieurs écoles.
La Synergie locale déplore aussi la pénurie d’enseignants dans la circonscription, tout en estimant que le nombre de conseillers pédagogiques reste élevé. Elle réclame par ailleurs l’installation effective du CAP à Tonka ville, jugeant que les raisons sécuritaires avancées jusque-là ne sont plus valables.
Dans leurs revendications, les syndicats exigent notamment la fin des intimidations contre les enseignants, le retour à un encadrement pédagogique plus formatif, l’implication des représentants syndicaux dans les décisions concernant le personnel, la dotation urgente des écoles en matériels didactiques, le redéploiement d’enseignants pour combler le déficit, ainsi que le départ immédiat du DCAP.
En réponse à la lettre des syndicats datée du 21 avril 2026, le Directeur du CAP de Tonka a déclaré la correspondance « irrecevable ». Dans sa réponse du 8 mai 2026, il estime que le contenu de la lettre ne respecte pas les usages administratifs et contient des expressions « désobligeantes et belliqueuses ». Le responsable affirme toutefois rester ouvert au dialogue et à la collaboration.
Toutefois, des sources proches du dossier indiquent que des négociations devraient s’ouvrir au cours du week-end entre les différentes parties afin de tenter de trouver une issue favorable à cette crise. Les autorités administratives et éducatives chercheraient ainsi à éviter une paralysie des activités scolaires dans la circonscription de Tonka.
Malgré cette perspective de dialogue, la Synergie locale maintient pour l’instant sa menace d’arrêt de travail jusqu’à satisfaction de ses doléances. Cette situation fait craindre des perturbations dans le fonctionnement des écoles de la circonscription dans les prochains jours.
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