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Tombouctou : le Tindé Ber, une tradition séculaire au cœur du vivre-ensemble

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Chaque année, à une quinzaine de jours du mois de Ramadan, les communautés de Tombouctou se rassemblent autour du « Tindé Ber » — littéralement le grand mortier en langue locale. Cette expression culturelle, organisée dans le quartier Abaradjou, marque le mois de Chaabane, période précédant le mois béni de Ramadan, et constitue un temps fort de la vie sociale et spirituelle de la cité des 333 saints.

Une tradition ancestrale
La célébration du Tindé Ber ne date pas d’aujourd’hui. Selon l’historien Ibrahim TOURÉ,  originaire du quartier Abaradjou, cette tradition remonte au XVe siècle, traduisant le vécu et l’identité des communautés dites « Abarazies ».
« Le Tindé Ber est un véritable levier du vivre-ensemble et de la cohésion sociale dans le quartier Abaradjou », souligne-t-il.
En prélude aux festivités, des boules de crème, préparées collectivement par les femmes de la communauté, sont distribuées aux notabilités et aux autorités. Ce geste symbolique tient lieu d’invitation officielle et annonce le début des célébrations.

Célébration Tinde ber Hamel goussou/ Photo Mido

Une organisation élargie
Traditionnellement, l’organisation du Tindé Ber était confiée à trois familles du quartier. Cette année cependant, le président de la délégation spéciale de la Commune urbaine de Tombouctou, Yehia TANDINA, se propose d’nitier une réforme majeure en élargissant l’organisation à l’ensemble des communautés, avec l’implication directe de la mairie.
Cette initiative vise à donner au Tindé Ber une dimension plus inclusive, dépassant son ancrage initial pour en faire un événement fédérateur à l’échelle de la ville.

Célébration Tinder 2026/ photo Mido

Un message spirituel fort
Organisé à moins de deux semaines du début du Ramadan, précisément les 14ᵉ et 15ᵉ jours du mois de Chaabane, le Tindé Ber porte un message spirituel profond.
« Le Tindé Ber est un rappel adressé aux fidèles musulmans annonçant l’arrivée imminente du Ramadan, l’un des piliers de l’islam, et marquant la fin des manifestations culturelles jusqu’à la fin du mois saint », explique Dedeou MESSAOUD, acteur culturel et membre de la commission d’organisation.

Danse du Billeijé/ photo Mido

Un divertissement culturel inédit
Autour du grand mortier, dans une ambiance festive et rythmée par un piétinement jubilatoire, la danse du Billeijé captive l’assistance. Les meilleurs danseurs, issus des communautés d’Abaradjou, rivalisent d’adresse et d’énergie au son des mélodies traditionnelles, offrant un spectacle hautement symbolique et chargé d’émotion.

1 Comment

  1. sangare Baba

    7 février 2026 at 14h02

    Nul n’a le droit d’effacer une page de l’histoire d’une communauté car une communauté sans histoire est un monde sans âme.

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