Actu locale
Tombouctou : le CROCSAD 2026,un diagnostic objectif des defis de la région.
Réunis le 15 avril 2026 à Tombouctou, les acteurs institutionnels, techniques et humanitaires de la région ont pris part à la première session ordinaire du Comité Régional d’Orientation, de Coordination et de Suivi des Actions de Développement (CROCSAD). À cette occasion, le Gouverneur de la région a dressé un tableau sans détour des difficultés actuelles tout en appelant à une mobilisation collective renforcée.
Un contexte régional marqué par des fragilités croissantes
D’entrée de jeu, le chef de l’exécutif régional a souligné que l’année 2026 s’ouvre sur une conjoncture préoccupante. Parmi les principales contraintes évoquées figurent les difficultés d’approvisionnement en carburant, le retrait de certaines ONG, la suspension de financements et la perte d’emplois.
Ces facteurs, selon lui, ont un impact direct sur les conditions de vie des populations, accentuant leur vulnérabilité dans une région déjà éprouvée par des crises multidimensionnelles.
Le FNACT au cœur des priorités de la session
L’un des axes majeurs de cette rencontre reste l’évaluation du Fonds National d’Appui aux Collectivités Territoriales (FNACT). Le Gouverneur a insisté sur la nécessité de faire le bilan des réalisations de 2025 et des années antérieures, tout en projetant les perspectives pour 2026.
Dans la même dynamique, la mobilisation des financements de l’ANICT et la présentation des actions de développement, notamment celles du projet PASEM II dans le secteur de l’élevage, figurent parmi les points clés à l’ordre du jour.
Un appel fort à la coordination des acteurs
Face à la complexité des défis, le Gouverneur a mis l’accent sur la nécessité de renforcer la synergie entre les différents intervenants : services de l’État, collectivités territoriales, partenaires techniques et financiers, ONG et société civile.
Il a notamment exhorté les participants à s’impliquer activement dans les travaux afin d’améliorer la planification, la mise en œuvre et le suivi des projets de développement.
Entre gouvernance et responsabilité des acteurs locaux
Le discours met également en lumière le rôle central des services déconcentrés de l’État dans l’accompagnement des collectivités, notamment à travers le contrôle de légalité et l’appui-conseil.
De leur côté, les responsables locaux sont appelés à faire preuve de davantage d’engagement pour répondre aux attentes des populations, en particulier en matière d’accès aux services sociaux de base.
Une dimension politique affirmée
Le Gouverneur n’a pas manqué de rappeler son alignement avec la vision des autorités de la Transition, réaffirmant son attachement à la sauvegarde de l’intérêt général, conformément aux orientations du Chef de l’État.
Cette référence souligne l’ancrage politique du discours dans le contexte institutionnel actuel du Mali.
Vers des recommandations orientées vers l’impact
En perspective, le Gouverneur a exprimé son souhait de voir émerger, à l’issue de cette session, des recommandations concrètes et opérationnelles, capables d’améliorer l’efficacité des interventions dans la région.
Il a également évoqué l’organisation du Festival Culturel « Tombouctou Lassalterey », confiée aux collectivités territoriales, comme une opportunité de mobilisation et de valorisation culturelle.
Une volonté affichée de transformer les défis en opportunités
En conclusion, ce discours traduit une volonté claire des autorités régionales de faire face aux difficultés par une approche coordonnée et orientée vers les résultats. Toutefois, la réussite de cette ambition dépendra fortement de la capacité des acteurs à maintenir leur engagement dans un contexte de ressources limitées et de retrait progressif de certains partenaires.
Actu locale
Tonka endeuillée à nouveau : un directeur de médersa exécuté en public
La ville de Tonka est une fois de plus plongée dans la douleur. Abdoul Salam Maïga, directeur d’une médersa locale, a été froidement assassiné en pleine rue par des individus armés.
D’après plusieurs témoins, la victime se trouvait avec ses proches au marché lorsque ses bourreaux ont fait irruption. Ils l’ont contraint à les suivre, avant de revenir quelques minutes plus tard avec lui, les yeux bandés. Il a été exécuté sur place, sous les yeux de personnes présentes sur les lieux.
Ce drame vient raviver une blessure encore ouverte au sein d’une communauté déjà meurtrie par une succession de violences. En novembre dernier, Mariam Cissé avait été enlevée puis assassinée. Fin mars, Amadou Diadié Baby, dit Marco, avait à son tour été abattu devant sa boutique par des hommes armés.
Ces meurtres à répétition installent durablement un sentiment de terreur et d’insécurité dans la ville, laissant ses habitants dans une angoisse profonde face à une violence qui ne semble pas vouloir s’arrêter.
Actu locale
Commune urbaine de Tombouctou : les commerçants s’insurgent contre la décision de la mairie
La tension monte à Tombouctou après l’inauguration officielle de la nouvelle gare routière par le président de la Délégation spéciale de la Commune urbaine, ce mardi 12 mai 2026. À peine la cérémonie terminée, une vague de contestation a éclaté dans plusieurs marchés de la ville, où des commerçants dénoncent une décision municipale qu’ils jugent « inadéquate » et « sans fondements ».
Au cœur de la polémique, le mot d’ordre annoncé par les autorités communales :
« Désormais, il est formellement interdit de débarquer ou de prendre des passagers en dehors de la gare routière.»
Une mesure qui vise, selon les autorités, à mieux organiser le transport urbain et interurbain, fluidifier la circulation et renforcer le contrôle des activités liées au transport. Mais du côté des commerçants, cette décision est perçue comme une menace directe contre leurs activités économiques.
Une ville paralysée
Ce mardi matin, Tombouctou s’est réveillée dans une atmosphère inhabituelle. Plusieurs boutiques sont restées fermées dans différents marchés de la ville, donnant l’image d’une véritable « ville morte ». Des commerçants et certains acteurs économiques ont observé un mouvement de protestation pour exprimer leur désaccord face à la nouvelle réglementation.
Les marchés et les rues habituellement animées ont laissé place à un calme pesant. Des habitants affirment n’avoir jamais vu une telle paralysie depuis plusieurs mois.
Selon certains commerçants rencontrés sur place, l’obligation de centraliser toutes les opérations de débarquement et d’embarquement à la gare routière risque de réduire considérablement l’affluence dans certaines zones commerciales qui vivaient essentiellement du passage des voyageurs.
« Beaucoup de familles dépendent des activités générées autour des points d’arrêt habituels des véhicules. Cette décision va étouffer nos commerces », déplore un vendeur du grand marché.
Une décision qui divise
Si certains citoyens saluent une volonté de mettre de l’ordre dans le secteur du transport, d’autres estiment que la mairie aurait dû engager davantage de concertations avec les acteurs concernés avant l’application de cette mesure.
Des voix s’élèvent également pour demander un délai d’adaptation ainsi qu’un accompagnement des commerçants impactés.
Pour l’heure, les autorités communales n’ont pas encore officiellement réagi à cette mobilisation. Toutefois, plusieurs observateurs craignent une montée des tensions si un dialogue n’est pas rapidement engagé entre la mairie et les représentants des commerçants.
Cette situation intervient dans un contexte socio-économique déjà fragile, où de nombreux ménages peinent à faire face à la baisse des activités économiques dans la région surtout à quelques jours de la Tabaski.
En attendant une éventuelle médiation, Tombouctou retient son souffle face à une crise qui met en lumière les défis liés à la réorganisation urbaine et à la gestion des activités économiques locales.
Actu locale
Tonka : les enseignants annoncent un arrêt de travail et dénoncent la gestion du CAP
La tension monte dans le secteur éducatif à Tonka, dans la région de Tombouctou. La Synergie locale des syndicats des enseignants (SYNEFCT et SYNATEM) a annoncé un arrêt de travail sur toute l’étendue de la circonscription du Centre d’Animation Pédagogique (CAP) de Tonka.
Dans une correspondance adressée au préfet, les syndicats justifient cette décision par ce qu’ils qualifient de « mauvaise foi » du Directeur du CAP (DCAP) dans la gestion des préoccupations des enseignants. Ils dénoncent également l’absentéisme du responsable, le manque de collaboration avec les syndicats ainsi que la dégradation des conditions de travail.
Parmi les griefs évoqués figurent les intimidations et humiliations présumées subies par certains enseignants lors des suivis pédagogiques, la transformation des missions d’encadrement en opérations de contrôle jugées « policières », l’exclusion des syndicats dans certaines prises de décisions administratives et pédagogiques, ainsi que l’insuffisance de matériels didactiques dans plusieurs écoles.
La Synergie locale déplore aussi la pénurie d’enseignants dans la circonscription, tout en estimant que le nombre de conseillers pédagogiques reste élevé. Elle réclame par ailleurs l’installation effective du CAP à Tonka ville, jugeant que les raisons sécuritaires avancées jusque-là ne sont plus valables.
Dans leurs revendications, les syndicats exigent notamment la fin des intimidations contre les enseignants, le retour à un encadrement pédagogique plus formatif, l’implication des représentants syndicaux dans les décisions concernant le personnel, la dotation urgente des écoles en matériels didactiques, le redéploiement d’enseignants pour combler le déficit, ainsi que le départ immédiat du DCAP.
En réponse à la lettre des syndicats datée du 21 avril 2026, le Directeur du CAP de Tonka a déclaré la correspondance « irrecevable ». Dans sa réponse du 8 mai 2026, il estime que le contenu de la lettre ne respecte pas les usages administratifs et contient des expressions « désobligeantes et belliqueuses ». Le responsable affirme toutefois rester ouvert au dialogue et à la collaboration.
Toutefois, des sources proches du dossier indiquent que des négociations devraient s’ouvrir au cours du week-end entre les différentes parties afin de tenter de trouver une issue favorable à cette crise. Les autorités administratives et éducatives chercheraient ainsi à éviter une paralysie des activités scolaires dans la circonscription de Tonka.
Malgré cette perspective de dialogue, la Synergie locale maintient pour l’instant sa menace d’arrêt de travail jusqu’à satisfaction de ses doléances. Cette situation fait craindre des perturbations dans le fonctionnement des écoles de la circonscription dans les prochains jours.
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