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Actu locale

Il était un homme et un imam

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Les fidèles étaient à peine revenus de la prière du Salat adh-dhohr (généralement après 13H30) ce mercredi 10 décembre 2025 quand la nouvelle du décès d’Abderrahmane Ben Essayouti, imam de la mosquée Djingareiber, tombait comme un couperet, provoquant une grande émotion.

Le regretté Abderrahmane Ben Essayouti, 41 ème Iman de Djingareiber

À Tombouctou, Djingareyber ou la grande mosquée n’est pas seulement un lieu où l’on vient prier. Elle a toujours été un véritable espace de régulation sociale, un endroit où l’on vient chercher apaisement, repères et équilibre.

Un homme portait en lui ces valeurs si rares dans un monde de plus en plus agité : l’imam Abderrahmane Ben Essayouti.

Du haut de sa quatre vingtaine, l’homme, discret mais influent incarnait une figure rare : solidement ancrée dans la tradition, y compris de l’islam malikite, attentive aux secousses d’une société éprouvée par l’insécurité, la crise économique et les sensibles questions identitaires. Pour les habitants de la ville aux 333 saints, il restait ce recours discret et essentiel, un médiateur capable de calmer les tensions par une parole juste, mesurée, débarrassée de toute rigidité idéologique. Ceux qui l’ont connu et fréquenté lui reconnaissent la patience et l’écoute qui caractérisent les grands.

Des vertus qui lui ont valu le poste de président du bureau régional du Haut Conseil Islamique.

 

Capture d’écran d’un témoignage publié dans un groupe WhatsApp

Imam, mais pas seulement !

 

L’enseignant qu’il fut n’était pas seulement que l’imam de l’un des célèbres mosquées de sa ville.

Pour l’administration, locale et centrale, Abderrahmane Ben Essayouti est resté un homme de devoir et représentait un relais précieux. On voyait en lui un interlocuteur fiable, un pont solide entre un État souvent accusé d’être loin et une population en quête de confiance. Sans jamais se mêler aux jeux politiques, il pesait pourtant d’un poids réel sur la stabilité de la ville, sinon de la région : présence discrète lors des moments les plus sensibles, discours modérateurs quand la radicalisation menaçait, rappel constant que l’autorité religieuse peut soutenir l’ordre public sans pour autant se confondre avec le pouvoir.

Mais son héritage le plus profond reste incontestablement son engagement en faveur du savoir. Il s’est battu pour l’ouverture de bibliothèques, pour la mise en valeur des manuscrits de Tombouctou, rappelant inlassablement que l’islam sahélien s’est toujours bâti autant sur l’encre que sur la foi. À l’opposé des lectures fermées et dogmatiques, il défendait une vision lumineuse : celle d’une religion qui protège par la connaissance, qui s’élève par la pensée critique, qui s’enracine dans la mémoire écrite. Un engagement que l’UNESCO n’a pas manqué de soutenir en facilitant la réhabilitation de nombreuses bibliothèques et l’ouverture d’une filière du manuscrit à l’Institut des Hautes Etudes et de Recherches Islamiques Ahmed Baba.

En véritable homme de dialogue, il refusait l’affrontement facile et préférait la médiation, la pédagogie, la nuance. Dans une époque déchirée entre tradition et modernité, il a réussi à tenir une ligne délicate : préserver l’héritage spirituel sans jamais le transformer en forteresse contre le monde.

Et maintenant… ?

Avec sa disparition, Tombouctou ne perd pas seulement un imam. Elle perd un équilibre, un passeur, un homme qui voyait la religion comme un espace de responsabilité collective plutôt qu’un instrument de domination. La mosquée Djingareyber continuera d’exister, mais une question demeure, lourde et inévitable au regard du contexte global du pays, et particulièrement celui de la région, confrontée à la montée de l’extrémisme : qui saura, comme l’imam Ben Essayouti, porter cette autorité morale humble, éclairée et guidée par le seul souci du bien commun ?

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Tonka endeuillée à nouveau : un directeur de médersa exécuté en public

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La ville de Tonka est une fois de plus plongée dans la douleur. Abdoul Salam Maïga, directeur d’une médersa locale, a été froidement assassiné en pleine rue par des individus armés.
D’après plusieurs témoins, la victime se trouvait avec ses proches au marché lorsque ses bourreaux ont fait irruption. Ils l’ont contraint à les suivre, avant de revenir quelques minutes plus tard avec lui, les yeux bandés. Il a été exécuté sur place, sous les yeux de personnes présentes sur les lieux.
Ce drame vient raviver une blessure encore ouverte au sein d’une communauté déjà meurtrie par une succession de violences. En novembre dernier, Mariam Cissé avait été enlevée puis assassinée. Fin mars, Amadou Diadié Baby, dit Marco, avait à son tour été abattu devant sa boutique par des hommes armés.
Ces meurtres à répétition installent durablement un sentiment de terreur et d’insécurité dans la ville, laissant ses habitants dans une angoisse profonde face à une violence qui ne semble pas vouloir s’arrêter.

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Actu locale

Commune urbaine de Tombouctou : les commerçants s’insurgent contre la décision de la mairie

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La tension monte à Tombouctou après l’inauguration officielle de la nouvelle gare routière par le président de la Délégation spéciale de la Commune urbaine, ce mardi 12 mai 2026. À peine la cérémonie terminée, une vague de contestation a éclaté dans plusieurs marchés de la ville, où des commerçants dénoncent une décision municipale qu’ils jugent « inadéquate » et « sans fondements ».

Au cœur de la polémique, le mot d’ordre annoncé par les autorités communales :
« Désormais, il est formellement interdit de débarquer ou de prendre des passagers en dehors de la gare routière.»

Une mesure qui vise, selon les autorités, à mieux organiser le transport urbain et interurbain, fluidifier la circulation et renforcer le contrôle des activités liées au transport. Mais du côté des commerçants, cette décision est perçue comme une menace directe contre leurs activités économiques.

Une ville paralysée

Ce mardi matin, Tombouctou s’est réveillée dans une atmosphère inhabituelle. Plusieurs boutiques sont restées fermées dans différents marchés de la ville, donnant l’image d’une véritable « ville morte ». Des commerçants et certains acteurs économiques ont observé un mouvement de protestation pour exprimer leur désaccord face à la nouvelle réglementation.

Les marchés et les rues habituellement animées ont laissé place à un calme pesant. Des habitants affirment n’avoir jamais vu une telle paralysie depuis plusieurs mois.
Selon certains commerçants rencontrés sur place, l’obligation de centraliser toutes les opérations de débarquement et d’embarquement à la gare routière risque de réduire considérablement l’affluence dans certaines zones commerciales qui vivaient essentiellement du passage des voyageurs.
« Beaucoup de familles dépendent des activités générées autour des points d’arrêt habituels des véhicules. Cette décision va étouffer nos commerces », déplore un vendeur du grand marché.

Une décision qui divise

Si certains citoyens saluent une volonté de mettre de l’ordre dans le secteur du transport, d’autres estiment que la mairie aurait dû engager davantage de concertations avec les acteurs concernés avant l’application de cette mesure.
Des voix s’élèvent également pour demander un délai d’adaptation ainsi qu’un accompagnement des commerçants impactés.
Pour l’heure, les autorités communales n’ont pas encore officiellement réagi à cette mobilisation. Toutefois, plusieurs observateurs craignent une montée des tensions si un dialogue n’est pas rapidement engagé entre la mairie et les représentants des commerçants.

Cette situation intervient dans un contexte socio-économique déjà fragile, où de nombreux ménages peinent à faire face à la baisse des activités économiques dans la région surtout à quelques jours de la Tabaski.
En attendant une éventuelle médiation, Tombouctou retient son souffle face à une crise qui met en lumière les défis liés à la réorganisation urbaine et à la gestion des activités économiques locales.

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Actu locale

Tonka : les enseignants annoncent un arrêt de travail et dénoncent la gestion du CAP

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La tension monte dans le secteur éducatif à Tonka, dans la région de Tombouctou. La Synergie locale des syndicats des enseignants (SYNEFCT et SYNATEM) a annoncé un arrêt de travail  sur toute l’étendue de la circonscription du Centre d’Animation Pédagogique (CAP) de Tonka.

Dans une correspondance adressée au préfet, les syndicats justifient cette décision par ce qu’ils qualifient de « mauvaise foi » du Directeur du CAP (DCAP) dans la gestion des préoccupations des enseignants. Ils dénoncent également l’absentéisme du responsable, le manque de collaboration avec les syndicats ainsi que la dégradation des conditions de travail.

Parmi les griefs évoqués figurent les intimidations et humiliations présumées subies par certains enseignants lors des suivis pédagogiques, la transformation des missions d’encadrement en opérations de contrôle jugées « policières », l’exclusion des syndicats dans certaines prises de décisions administratives et pédagogiques, ainsi que l’insuffisance de matériels didactiques dans plusieurs écoles.

La Synergie locale déplore aussi la pénurie d’enseignants dans la circonscription, tout en estimant que le nombre de conseillers pédagogiques reste élevé. Elle réclame par ailleurs l’installation effective du CAP à Tonka ville, jugeant que les raisons sécuritaires avancées jusque-là ne sont plus valables.

Dans leurs revendications, les syndicats exigent notamment la fin des intimidations contre les enseignants, le retour à un encadrement pédagogique plus formatif, l’implication des représentants syndicaux dans les décisions concernant le personnel, la dotation urgente des écoles en matériels didactiques, le redéploiement d’enseignants pour combler le déficit, ainsi que le départ immédiat du DCAP.

En réponse à la lettre des syndicats datée du 21 avril 2026, le Directeur du CAP de Tonka a déclaré la correspondance « irrecevable ». Dans sa réponse du 8 mai 2026, il estime que le contenu de la lettre ne respecte pas les usages administratifs et contient des expressions « désobligeantes et belliqueuses ». Le responsable affirme toutefois rester ouvert au dialogue et à la collaboration.

Toutefois, des sources proches du dossier indiquent que des négociations devraient s’ouvrir au cours du week-end entre les différentes parties afin de tenter de trouver une issue favorable à cette crise. Les autorités administratives et éducatives chercheraient ainsi à éviter une paralysie des activités scolaires dans la circonscription de Tonka.

Malgré cette perspective de dialogue, la Synergie locale maintient pour l’instant sa menace d’arrêt de travail jusqu’à satisfaction de ses doléances. Cette situation fait craindre des perturbations dans le fonctionnement des écoles de la circonscription dans les prochains jours.

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