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Actualité

Édito

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Chaque 8 mars, le Mali, à l’instar de nombreux pays, célèbre la Journée internationale des droits des femmes. Les discours officiels se succèdent, les uniformes colorés envahissent les rues et les salles de cérémonie, mais derrière cette mise en scène festive, une réalité persistante interroge : que reste-t-il des droits concrets des femmes dans notre société ?
Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Les femmes représentent 49,7 % de la population malienne, mais seules 25 % participent à l’économie formelle. Elles constituent 60 % de la main-d’œuvre agricole et assurent près de 80 % de la production alimentaire nationale, pourtant à peine 7 % détiennent des titres fonciers. Dans le domaine de l’éducation, l’écart est criant : 22 % de taux d’alphabétisation chez les femmes contre 40 % chez les hommes.
Sur le plan politique, la sous-représentation est flagrante : 29 % des sièges au CNT, 17 % des postes ministériels, et seulement 10 % des gouverneurs sont des femmes. Dans la justice, la situation est encore plus alarmante : 10,84 % des magistrats et 7,54 % des avocats sont des femmes.
Face à ces réalités, la célébration du 8 mars semble se réduire à une routine : discours convenus, slogans répétés, uniformes portés avec fierté, mais peu d’avancées tangibles. La journée se banalise, se folklorise, alors qu’elle devrait être un moment de bilan, de revendication et de mobilisation pour transformer les chiffres en véritables acquis.
Le thème national de cette année – « Droits des femmes et des filles : agir pour un avenir sûr et équitable dans un Mali résilient, unifié et souverain » – sonne juste, mais reste suspendu dans l’air tant que les droits des femmes demeurent confinés aux promesses. Tant que les uniformes prennent le pas sur les réformes, tant que les discours remplacent les actes, le 8 mars restera une célébration symbolique, vidée de sa substance.
Il est temps que cette journée cesse d’être un rituel et devienne un véritable levier de changement. Car les femmes du Mali ne demandent pas des uniformes, elles réclament des droits.

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Actu locale

Tombouctou : le CROCSAD 2026,un diagnostic objectif des defis de la région.

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Réunis le 15 avril 2026 à Tombouctou, les acteurs institutionnels, techniques et humanitaires de la région ont pris part à la première session ordinaire du Comité Régional d’Orientation, de Coordination et de Suivi des Actions de Développement (CROCSAD). À cette occasion, le Gouverneur de la région a dressé un tableau sans détour des difficultés actuelles tout en appelant à une mobilisation collective renforcée.

Un contexte régional marqué par des fragilités croissantes

D’entrée de jeu, le chef de l’exécutif régional a souligné que l’année 2026 s’ouvre sur une conjoncture préoccupante. Parmi les principales contraintes évoquées figurent les difficultés d’approvisionnement en carburant, le retrait de certaines ONG, la suspension de financements et la perte d’emplois.
Ces facteurs, selon lui, ont un impact direct sur les conditions de vie des populations, accentuant leur vulnérabilité dans une région déjà éprouvée par des crises multidimensionnelles.

Le FNACT au cœur des priorités de la session

L’un des axes majeurs de cette rencontre reste l’évaluation du Fonds National d’Appui aux Collectivités Territoriales (FNACT). Le Gouverneur a insisté sur la nécessité de faire le bilan des réalisations de 2025 et des années antérieures, tout en projetant les perspectives pour 2026.
Dans la même dynamique, la mobilisation des financements de l’ANICT et la présentation des actions de développement, notamment celles du projet PASEM II dans le secteur de l’élevage, figurent parmi les points clés à l’ordre du jour.

Un appel fort à la coordination des acteurs

Face à la complexité des défis, le Gouverneur a mis l’accent sur la nécessité de renforcer la synergie entre les différents intervenants : services de l’État, collectivités territoriales, partenaires techniques et financiers, ONG et société civile.
Il a notamment exhorté les participants à s’impliquer activement dans les travaux afin d’améliorer la planification, la mise en œuvre et le suivi des projets de développement.
Entre gouvernance et responsabilité des acteurs locaux
Le discours met également en lumière le rôle central des services déconcentrés de l’État dans l’accompagnement des collectivités, notamment à travers le contrôle de légalité et l’appui-conseil.
De leur côté, les responsables locaux sont appelés à faire preuve de davantage d’engagement pour répondre aux attentes des populations, en particulier en matière d’accès aux services sociaux de base.

Une dimension politique affirmée

Le Gouverneur n’a pas manqué de rappeler son alignement avec la vision des autorités de la Transition, réaffirmant son attachement à la sauvegarde de l’intérêt général, conformément aux orientations du Chef de l’État.
Cette référence souligne l’ancrage politique du discours dans le contexte institutionnel actuel du Mali.

Vers des recommandations orientées vers l’impact

En perspective, le Gouverneur a exprimé son souhait de voir émerger, à l’issue de cette session, des recommandations concrètes et opérationnelles, capables d’améliorer l’efficacité des interventions dans la région.
Il a également évoqué l’organisation du Festival Culturel « Tombouctou Lassalterey », confiée aux collectivités territoriales, comme une opportunité de mobilisation et de valorisation culturelle.

Une volonté affichée de transformer les défis en opportunités

En conclusion, ce discours traduit une volonté claire des autorités régionales de faire face aux difficultés par une approche coordonnée et orientée vers les résultats. Toutefois, la réussite de cette ambition dépendra fortement de la capacité des acteurs à maintenir leur engagement dans un contexte de ressources limitées et de retrait progressif de certains partenaires.

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Actu locale

Tombouctou, la commune urbaine lance une campagne d’assainissement pour une ville plus propre

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La Délégation spéciale de la Commune urbaine de Tombouctou a lancé une vaste campagne d’assainissement destinée à améliorer le cadre de vie des populations et à préserver la santé publique. L’initiative vise à rendre la ville plus propre, plus saine et plus agréable pour l’ensemble des habitants.

Informer la communauté

Dans un communiqué radiodiffusé en français, en songhaï et en tamasheq, les autorités communales appellent les citoyens à adopter de meilleures pratiques d’hygiène et de gestion des déchets afin de protéger l’environnement.
Plusieurs mesures ont été annoncées. Les ordures doivent désormais être déposées uniquement dans les dépôts de transit ou au dépôt final.

Quelles interdictions?

Il est strictement interdit de jeter des déchets dans les rues, les caniveaux, les espaces publics ou les terrains vagues. Les ménages, les commerces et les services sont également invités à maintenir la propreté devant leurs concessions et lieux d’activités.
La divagation des animaux en ville est interdite, tout comme le déversement des eaux usées en plein jour.

Sensibiliser, avertir, sanctionner

La campagne se déroulera en trois phases. Une première phase de sensibilisation de quinze jours sera consacrée à l’information et à la mobilisation des populations autour des bonnes pratiques d’assainissement. Elle sera suivie d’une phase d’avertissement, également de quinze jours, durant laquelle les contrevenants seront rappelés à l’ordre et invités à se conformer aux règles.
Enfin, une phase de sanctions sera appliquée conformément aux textes et règlements en vigueur.
Par ailleurs, la Délégation spéciale invite les associations féminines, les comités de jeunes et les groupements d’intérêt économique (GIE) d’assainissement à s’impliquer aux côtés des chefs de quartiers et des Comités de Développement de Quartier. Un concours sera organisé afin de désigner le quartier le plus propre du mois.


Les autorités communales comptent sur l’engagement et le sens de responsabilité de chaque citoyen pour faire de cette campagne un succès et bâtir une ville propre, saine et exemplaire.

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Actu locale

Amadia : les exploitants sommés de payer les redevances

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Les responsables de la coopérative paysanne d’Amadia tirent la sonnette d’alarme : le non-paiement des redevances par certains exploitants agricoles compromet fortement les activités. Selon eux, plusieurs paysans accusent jusqu’à trois années d’arriérés d’impayés.
Une situation qui freine sérieusement le fonctionnement de la coopérative. Les leaders de la plaine donnent ainsi un ultimatum : les producteurs concernés ont jusqu’à la fin du mois de mars pour régulariser leur situation. Passé ce délai, les champs des exploitants qui n’auront pas payé leurs redevances pourraient être sevrés d’eau. C’est du moins ce qu’a laissé entendre Khalil Djitteye, le trésorier de la plaine.
La plaine d’Amadia est une zone agricole clé de 400 hectares.
Située à environ 25 km de la ville de Tombouctou, elle est cruciale pour la production de riz, mais aussi de produits de maraîchage, notamment l’oignons, l’échalote et la pomme de terre.

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