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Éditorial | Le football à Tombouctou : de quoi je me mêle
Des aires de jeu poussiéreuses des favelas brésiliennes aux luxueux et modernes centres de formation et stades gazonnés européens, en passant par les terrains sablonneux de Tombouctou,dans le sahara, le football a partout le statut de sport roi. Il attire et passionne des millions de personnes. Passé de simple passion à un business désormais très lucratif ,le football fait vibrer comme il fait vivre.Enfin…il est censé faire vivre son homme.
Des aires de jeu poussiéreuses des favelas brésiliennes aux luxueux et modernes centres de formation et stades gazonnés européens, en passant par les terrains sablonneux de Tombouctou,dans le sahara, le football a partout le statut de sport roi. Il attire et passionne des millions de personnes. Passé de simple passion à un business désormais très lucratif ,le football fait vibrer comme il fait vivre.Enfin…il est censé faire vivre son homme.
Mais de quoi je me mêle, moi qui ne suis ni fanatique du ballon rond, ni un habitué des stades ?
De mon comfortable coin d’observateur, j’en suis arrivé à quelques déductions.
Pour que les jeunes footballeurs puissent réellement vivre de ce sport, les instance du football doivent mettre en place des politiques adaptées. À Tombouctou, il n’est pas rare de voir les équipes finalistes d’un tournoi se partager la maigrelette somme de 250 000 à 300 000 francs CFA. Cependant, entre frais de licences,équipements,internats et autres charges, les clubs et équipes de quartier dépensent bien plus que ce montant . Il arrive parfois qu’un joueur se blesse gravement pendant un match, et c’est alors sa famille qui prend en charge tous les frais médicaux.
Quand l’enveloppe que reçoit le vainqueur ne peut pas offrir une paire de crampons à l’équipe,il faut bien que l’on (se) pose des questions.Quel avenir pour le football dans la Cité des 333 saints ?
Il y a certainement plusieurs facteurs qui expliquent cet état de fait. Ce n’est d’ailleurs pas un secret qu’à Tombouctou,le football local manque cruellement de sponsors. Pour inciter au financement de ses activités,et par-là combler ce vide économique, les instances devraient imposer aux organisateurs de tournois et compétitions un minimum de deux millions de francs CFA à répartir entre les trois finalistes. Un tel montant motiverait davantage les joueurs et leurs staffs. Mais si l’on continue à distribuer des sommes dérisoires, le football tombouctien ne fera jamais vivre son homme.
Aujourd’hui, il est vraiment temps de rendre les équipes de Tombouctou plus compétitives et capables de rivaliser avec celles d’ailleurs. Le constat est sans appel : il est rare de voir un club de Tombouctou aller battre un autre de Bamako dans une compétition. Il faut donner des repères aux jeunes générations de footballeurs, qui pourraient se référer à telle époque ou bien à telle génération en termes de parcours. Ceci permet de developper en eux une culture du résultat dont les joueurs actuels semblent être dédouanés. « Nous ne sommes pas les premiers à echouer », disent-ils pour se donner raison et bonne conscience.
Oui, je ne vais presque jamais au stade municipal, mais j’observe ce qui s’y passe et m’informe parce que j’ai à cœur le développement du football dans une région où le potential ne manque pas, comme de tout autre domaine. Certains diront qu’imposer de tels montants réduira le nombre de compétitions, sous prétexte que tout le monde n’a pas les moyens d’organiser un tournoi à la dimension de la récente Coupe FAMAs. Mais mieux vaut une ou deux compétitions par an avec des récompenses conséquentes, que des tournois organisés chaque mois avec des prix qui ne couvrent même pas la restauration des équipes. Ceux qui organisent ces compétitions doivent avoir les moyens de leur politique s’ils veulent réellement contribuer au rayonnement du football local.C’est à ce prix que l’on donnera au football tombouctien le rayonnement qu’il mérite.
Après tout,le developpement du football n’est-il pas une des missions phares de la ligue de football ?