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Décryptage : que retenir des vœux du Nouvel an du Président de la Transition du Mali ?

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Au seuil du Nouvel An 2026, le Président de la Transition du Mali, le Général d’Armée Assimi GOITA a fait une adresse solennelle à la nation malienne. Dans ses propos, le Chef de l’État est revenu notamment sur les défis aux plans sécuritaires et politiques du pays. D’autres aspects ont également été abordés dans le discours d’une vingtaine de minutes, diffusé sur la télévision nationale. Entre autres les avancées de la Transition, la souveraineté nationale et les perspectives pour l’année 2026. Décryptage

Au-delà du discours rituel institutionnel, l’adresse du Président de la Transition aux citoyens est un document de pilotage politique, pensé comme un acte de cadrage, de justification et de projection.

Bilan de l’année 2025 : résilience face aux épreuves

Le Général d’Armée et Président de la Transition a qualifié 2025 d’année d’épreuves, notamment sur les plans énergétique et économique, marquée par les perturbations en approvisionnement. Le pays a subi des perturbations importantes en carburant à la suite d’attaques contre des convois vitaux.
Le Président a salué la bravoure des opérateurs économiques, des chauffeurs et des forces de sécurité qui ont assuré le ravitaillement, ainsi que la patience et la détermination du peuple malien.
Celui lui, les défis d’importation doivent désormais apparaitre comme des opportunités d’innovation pour une nation debout.
La solidarité sous-régionale s’est également renforcée à travers l’élargissement de la coopération avec le Burkina Faso et le Niger. La mise en place de la force unifiée de l’AES pour protéger les peuples et défendre l’espace commun est l’illustration parfaite de la vitalité de cette coopération.
Une mention a également été faite des tentatives de division et de peur, en plus de la cabale médiatique orchestrée par certains Etats contre le Mali.

Choix stratégique et vision d’avenir : une souveraineté assumée

Face aux groupes armés terroristes et les pressions extérieures, le Mali a choisi d’affirmer pleinement sa souveraineté.
Assimi GOITA a décliné une vision prospective pour 2063, adossée à une stratégie de mise en œuvre 2025-2033, qui vise à faire du Mali une nation souveraine, unie, juste, sécurisée et prospère.
Ce qui est revenu en filigrane dans le discours, c’est aussi la souveraineté systémique : sécuritaire, économique, énergétique, culturelle, monétaire et même narrative. Le concept de Malikura fonctionne comme une marque politique globale, un horizon mobilisateur qui permet de relier le temps court de la Transition à un temps long (2063). Ce glissement est stratégique : il désamorce la critique du provisoire en installant la Transition dans une continuité historique
Le Président GOITA a mis l’emphase sur le combat héroïque des forces armées et de sécurité, grâce auquel des avancées significatives sont enregistrées (zones sécurisées, rétablissement de l’autorité de l’Etat, entre autres).
La renaissance culturelle constitue un pilier de la souveraineté prônée par les autorités de la Transition. Elle se traduit par l’éducation aux valeurs, l’officialisation des langues nationales et la valorisation des légitimités traditionnelles pour renforcer le vivre-ensemble et le développement endogène.

Justice et Gouvernance Vertueuse

Le Président de la Transition a réaffirmé sa volonté de lutter contre la délinquance économique et financière, la corruption et l’impunité. Les services dédiés, en l’occurrence le Pôle National Économique et Financier et l’OCLEI disposent de toutes les ressources pour mener à bien ce et garantir que « nul n’est au-dessus de la loi ».
Au chapitre des reformes, Assimi GOITA a annoncé la poursuite des réformes, conformément à l’esprit des Assises nationales et des recommandations du dialogue inter-malien. La dissolution et l’audit des partis politiques constituent une étape de ces réformes, a-t-il martelé.
En application de l’article 39 de la Constitution, des concertations sont prévues en 2026 autour de l’avant-projet de lois régissant les partis politiques.
Ce qui sous-entend de facto que le retour au jeu classique ne se fera ni rapidement ni à l’identique. Le pouvoir prépare l’opinion à une reconfiguration durable des règles de la compétition politique, sous couvert de refondation.

Sur le positionnement politique général

La Transition se présente comme un pouvoir qui assume le coût politique de décisions impopulaires, mais jugées nécessaires. Le fil conducteur est clair : le Mali traverse une zone de turbulence historique, et l’autorité actuelle se pose comme le seul pilote capable de maintenir le cap.

Sur le terrain économique

Le Président de la Transition a tenté de rassurer sans triomphalisme. Les indicateurs positifs (croissance, inflation maîtrisée, sortie de la liste grise du GAFI) sont utilisés comme preuves de crédibilité internationale, tout en maintenant un discours de défiance vis-à-vis des anciennes dépendances. La renégociation des contrats miniers et la transformation locale des ressources constituent un message direct aux élites économiques : l’État reprend la main, et durablement.
En conclusion, c’est plutôt en architecte d’un nouvel ordre politique qu’en chef de Transition que le Président Assimi GOITA s’est adressé aux maliens.

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